Des avocats des familles de femmes et d’enfants de membres de nationalité «française» du «groupe État islamique», récemment capturés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), viennent de déposer une plainte contre les autorités françaises pour «détention arbitraire» et «abus d’autorité» et demandent leur rapatriement en France. Cette démarche judiciaire semble ignorer l’aspiration légitime des autorités locales de ces pays à juger les mercenaires étrangers de Daesh. La réponse de l’exécutif sur ce sujet inquiète, car Macron a évoqué un traitement «au cas par cas», ce qui fait craindre un certain laxisme. 

En Irak et en Syrie, une quarantaine de jihadistes français (hommes et femmes), accompagnés d’une vingtaine d’enfants, auraient été récemment arrêtés par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont combattu le groupe Etat islamique. La nationalité de ces insurgés islamistes, dont le point commun est d’être francophones, reste à déterminer : il peut s’agir de Français, de Belges, d’étrangers ayant résidé en France ou en Belgique ou dans un pays francophone (Afrique, Asie), de titulaires d’une double nationalité (par exemple franco-marocaine). La nationalité des conjoints (parfois plusieurs par personne) et de leurs enfants ne va pas naturellement de soi. 

Environ 2.000 «Français» ont rejoint les territoires gérés par l’État islamique principalement en Syrie (le «califat») pour s’y installer et combattre, après avoir été autorisés à y parvenir par la Turquie. 

-Plusieurs centaines de ces islamistes ont été tués durant les combats ; le chiffre minimal serait de 300 morts. 

-D’autres se sont repliés aujourd’hui et comptent poursuivre leur guerre au Moyen-Orient, en Afghanistan ou ailleurs. 

-Certains islamistes ont été identifiés à leur retour sur le territoire national (302 à fin octobre 2017 dont 178 hommes, 66 femmes et 58 mineurs âgés de moins de 12 ans), d’autres sont en chemin. Une part seulement d’entre eux ont été arrêtés pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» (134 sur 302). Les autres ont été laissés en liberté ; cette «clémence» gouvernementale est scandaleuse. 

-Certains islamistes de retour en France n’ont pas encore été identifiés. Leur dangerosité va du profil d’«islamistes convaincus, souhaitant poursuivre le combat» jusqu’à «repentis» réels ou simulés, en passant par toutes les positions intermédiaires et souvent changeantes en fonction du temps. 

509 détenus sont aujourd’hui incarcérés pour faits de terrorisme islamiste, selon les chiffres de l’administration pénitentiaire (AP), parfois depuis des décennies, d’autres depuis leur récent retour du Moyen-Orient. Il faut y ajouter 1.157 détenus qui font également l’objet d’un «suivi au titre de la radicalisation» par les agents du «Bureau central du renseignement pénitentiaire» qui sont une des composantes des services de renseignement français. La présence de ces 1.666 détenus est à l’origine de graves problèmes au sein des maisons d’arrêt, ou centres de détention (les récentes agressions de personnels pénitentiaires). La gestion de ces détenus particuliers demande des réponses nouvelles. Enfin, les combattants islamistes de retour de la guerre étant condamnés en moyenne à une peine de six ans de prison, la question du devenir de ces extrémistes islamiques à l’issue de leur peine se posera rapidement. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que les combattants du groupe Etat Islamique capturés par les forces locales syriennes ou irakiennes, au terme des combats pour la reconquête du territoire, doivent être jugés sur place, par les autorités locales, qui seules peuvent estimer leurs crimes et exactions durant la guerre civile à laquelle ils ont participé. Leur engagement contre la France et les alliés apparait ici comme un problème à aborder, en France, à l’issue des condamnations locales qui auront été prononcées. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que, même si le «groupe État islamique» a perdu les villes qu’il contrôlait, il poursuit une guérilla et des actions terroristes dans tout le Moyen-Orient. Par ailleurs, d’autres groupes islamistes récupèrent des membres du groupe État islamique, dont des «francophones», comme le «Front Fatah al-Cham» (ex «Al-Qaïda au Levant»). Une véritable «internationale islamiste», composée de groupes islamistes, poursuit des combats dans divers pays : Afghanistan, Indonésie, Nigéria, Pakistan, Philippines, Sahel (ou la France intervient), Sinaï, Somalie, Yémen, etc. Des États les soutiennent. Le combat se poursuit. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) appelle l’État à tout mettre en œuvre pour freiner et empêcher les retours, poursuivre les islamistes identifiés dès leur retour, pour permettre leurs condamnations en fonction des faits reprochés, et assurer une surveillance effective des fichés «S». Empêcher toute propagande en faveur de la radicalisation islamique dans la population et, surtout, prévenir de nouveaux attentats apparait comme une priorité majeure pour les Français.

Communication du MIL, du 23 janvier 2018

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