Les organisations politiques et syndicales de la gauche ayant échoué à entraîner les étudiants dans les manifestations contre la loi organisant l’entrée dans le supérieur (loi ORE), agissent en force : tenues d’assemblées générales (AG) sans fin, vote d’une «grève illimitée», occupation des amphithéâtres empêchant la tenue des cours, blocages des entrées à des centres universitaires ou des salles de cours. Plusieurs centres universitaires ou universités sont ainsi bloquées et les études interrompues…

Les auteurs de ces actions appartiennent principalement à La France Insoumise (LFI) et au NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Les militants de Génération.s (Hamon), du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), du Parti communiste se sont joints à eux. La France Insoumise poursuit sa politique d’implantation dans la jeunesse en bousculant les autres forces politiques de gauche. Les agitateurs souhaitent entraîner une frange d’étudiants en mal de commémoration du mythe de «mai 68», entretenu par nombre de médias. Leur but est le retrait de la loi, mais, surtout, la chute du gouvernement par la «convergence des luttes».

La loi ORE ne concerne directement qu’une frange d’étudiants : des étudiants de première année qui ont déposé une demande de réorientation dans Parcoursup (hors redoublement dans leur filière). Le terrain n’est donc pas porteur pour contester le nouveau processus d’entrée dans les formations supérieures. Le mouvement restant structurellement marginal, les agitateurs d’extrême gauche ont recours à la force.

Dans les universités, face à ce mouvement de l’extrême-gauche soutenu par une UNEF en crise pour des raisons politiques et historiques (plaintes et témoignages sur les abus sexuels au sein de l’organisation), les partisans de la loi ORE, la FAGE (organisation étudiante de gauche) et le SGEN- CFDT ont peu de poids. «Les jeunes avec Macron» n’ont aucune réalité du terrain, même si des médias les mettent en avant. Pour la liberté des études, l’Union Nationale Inter-Universitaire (UNI), accompagnée par des «Collectifs contre les blocages», est seule présente sur le terrain pour faire face à l’extrême gauche. Quant à l’extrême-droite (identitaires, nationalistes…), elle veut se faire une publicité en s’affrontant avec l’extrême-gauche afin de recruter une nouvelle génération d’activistes et cela a pour conséquence une mobilisation et un renforcement de l’extrême-gauche.

Ce sont les lycéens qui sont concernés par l’application de cette loi. Ce sont eux qui vont apprécier les qualités et les défauts de la nouvelle procédure d’entrée dans le supérieur (Parcoursup). Les militants de la gauche de la gauche, tenant compte des inquiétudes des lycéens, préparent des actions et projettent un blocage des lycées le 14 avril. Les lycéens de terminale, en fonction des réponses reçues suite à leurs vœux d’orientation, vont être en tension : satisfactions ou frustrations. C’est au niveau des lycéens que peut se concrétiser une réelle contestation de masse de la loi ORE.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) condamne l’inaction du gouvernement et de la ministre de l’Enseignement supérieur. Les déclarations de principes contre les violences ne sont pas suivies d’effet : les recteurs sont muets alors que la situation se tend entre «grévistes» et les autres étudiants. Quant à l’assurance donnée par Vidal de la tenue des partiels, elle devrait être difficile à tenir sur un certain nombre de sites universitaires où les études ont été interrompues trop longtemps pour avoir un sens, ou bien partout où les locaux sont toujours bloqués et inaccessibles.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) demande aux présidents d’université d’assurer le bon déroulement des études. Ils doivent demander l’intervention des forces de l’ordre pour mettre un terme à l’occupation des amphithéâtres ou le blocage de l’accès aux établissements. Ils peuvent également suspendre les cours, contrôler l’accès aux locaux et faire appel à des sociétés de sécurité privées. Le président d’université est le responsable des atteintes à la liberté d’étudier.

Enfin, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) apporte tout son soutien à l’action menée par l’Union Nationale Inter-Universitaire (UNI) en faveur de la liberté d’étudier et de circulation dans les lycées et les universités.

communication du MIL, 9 avril 2018

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