D’après un récent sondage, un Français sur deux classerait aujourd’hui La République en marche (LREM) comme «à droite», contre un tiers seulement il y a un an (Sondage Ipsos). 

Il importe de savoir répondre à cette affirmation. Emmanuel Macron incarne l’un des courants de la gauche sociale-démocrate comme François Hollande l’avait incarné précédemment. L’autre courant est représenté par Manuel Vall. L’ancien premier ministre socialiste, et candidat à la primaire du PS, a d’ailleurs rejoint LREM. Le troisième courant est constitué par le Parti socialiste avec à sa tête comme nouveau premier secrétaire, Olivier Faure, un social-démocrate de gauche assumé (ex-rocardien). Tous sont sur des lignes politiques et des analyses assez proches notamment ils militent tous en faveur d’une Europe fédérale. 

Macron avance sur deux voies distinctes. D’une part, il propose des réformes «nuages de fumée» (par exemple sur la transparence de la vie politique). D’autre part, il aborde des questions importantes, mais en proposant seulement quelques ajustements qui ne résoudront rien : loi «travail» très limitée par rapport au marché du travail, processus d’entrée des bacheliers dans le supérieur mal conçu, projet de réforme de l’asile et de l’immigration insuffisante face aux problèmes de l’immigration, projet de réforme de la SNCF très incomplet. Macron se positionne ainsi sur la ligne de réformes minimales, tout en réussissant à mobiliser contre lui de manière maximale. C’est le cas de la réforme du ferroviaire avec une ambition limitée qui provoque une grève pénalisante pour le pays. L’essence des «transformations» proposée par Macron est de gauche social-démocrate. Elle suit les exemples, déjà anciens, des réformes intervenues en Grande-Bretagne (avec Tony Blair) et en l’Allemagne (avec Gerhard Schröder). 

La gauche marxiste s’attaque aux réformes de Macron. Elle en dramatise l’importance réelle pour mobiliser ses troupes. Elle s’affirme en opposition frontale avec la gauche sociale-démocrate. 

Besancenot, Hamon, Laurent, Mélenchon… sont au rendez-vous pour se refaire une santé. La reconnaissance de la place de Besancenot du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) comme un interlocuteur sérieux par les autres responsables politiques de la gauche marxiste est très significative de leur ligne. Tous développent une pensée politique marxiste avec quelques innovations de vocabulaire (par exemple, revenu universel). Ces responsables de la gauche de la gauche disent donc évidemment que Macron est de droite (ce qui constitue une injure suprême pour eux). Nombre de médias répètent leurs arguments, étayés par des micros-trottoirs sélectionnés par les chaines TV. L’opinion est encore en partie intoxiquée par ce message. Cela ne durera pas, car les faits sont têtus. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère qu’il est absurde de qualifier Macron comme étant «de droite». Le programme qu’il met en oeuvre n’est ni celui d’Alain Juppé, ni celui de François Fillon, ni celui des Républicains. Tout au contraire, Macron a désigné à la tête de son parti un ancien député socialiste, ses présidents de groupes parlementaires sont d’anciens parlementaires socialistes, tout comme la grande majorité de ses élus et des membres de son gouvernement. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) rappelle que Macron est un ancien proche collaborateur, puis ministre, de Hollande et son digne héritier. Sa politique est de gauche. Elle défend les «travailleurs» contre les retraités (passage de cotisations sociales à la CSG) ou les chômeurs. La nécessaire réduction des dépenses publiques n’a pas été engagée. Aucune part n’est accordée à une politique familiale indispensable dans un contexte de baisse de la natalité (sans compter le projet de suppression des parts fiscales pour les enfants). La propriété immobilière est directement visée au travers d’impôts (IFI) et de taxes renforcées ou à venir (projet de taxe sur les résidences secondaires) pour compenser la disparition annoncée de la taxe d’habitation. 

Le socialiste social-démocrate Macron tire son image «de droite» du soutien dont il bénéficie, depuis 2016, de la part de certains milieux financiers, de clubs d’hommes d’affaires et de divers «instituts» des milieux économiques. Ceux-ci pensent tirer profit de sa politique (ISF, taxes et impots). Le soutien à Macron de certains médias «économiques» (Les Échos, BFM) en découle. Ces soutiens attendent des résultats concrets «pour voir». Même s’ils sont évidemment contre la gauche marxiste, les milieux économiques ne sont pas «de droite» par nature. Les gaullistes le savent depuis longtemps. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que Macron a un intérêt vital à entretenir une confusion sur les étiquettes politiques dans le but de constituer : «un grand groupe central» l’an prochain à l’occasion de l’élection européenne de 2019, puis lors des élections municipales de 2020. Mais sa politique ne répond ni aux attentes des électeurs de droite ni à celle des centristes et encore moins à ceux de gauche.

communication du MIL, 10 avril 2018

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