Le 1er mai 2018, plus de 1.200 militants anarchistes et autonomes se sont regroupés sur le parcours de la manifestation organisée par la CGT, Solidaires, FSU, FO IdF, Unef et UNL au niveau du pont d’Austerlitz à Paris. Des heurts violents ont eu lieu conduisant à une situation d’émeute dans Paris. 

Plus de 1.200 militants d’ultra gauche ont adopté la tactique dite de «black bloc», qui réunit des gens justes le temps d’un évènement. Ils se sont vêtus entièrement en noir et cagoulés pour assurer leur anonymat. Ils ont agi par petits groupes constitués préalablement. La plupart étaient armés. Ils ont attaqué les forces de l’ordre avec des cocktails Molotov et des fusées. Ils ont vandalisé des magasins (McDonald’s, bars, kiosque à presse, agence Renault), détruit du mobilier urbain, mis le feu à certaines voitures. Les mots d’ordre de ces casseurs étaient dirigés contre la police comme «Tout le monde déteste la police». 

Cette attaque avait été annoncée publiquement par ces militants, en clair sur les réseaux sociaux pour «faire vivre une journée en enfer à Macron et son monde». Les médias en avaient fait état dès le 30 avril. La préfecture de Police en avait avisé officiellement les organisateurs de la manifestation, prévoyant, à l’avance, un possible changement de parcours de la manifestation. Cette solution a d’ailleurs dû être adoptée durant la manifestation. 

Les effectifs de police engagés sont apparus clairement insuffisants et les ordres d’interventions trop tardifs. D’après certains syndicats de policiers, le regroupement de plus d’un millier de casseurs aurait pu être évité afin de prévenir l’intensité des violences qui ont eu lieu. 

Les forces de l’ordre précédées de camions «canon à eaux» et de grenades lacrymogènes ont repoussé les casseurs vers la place de la Bastille, le quartier a été en partie bouclé, mais seuls quelques militants d’ultragauche ont été interpellés. Les forces de l’ordre ont l’entraînement et les techniques pour contrôler un tel rassemblement violent mais pour agir ils doivent recevoir un ordre. Aucune démarche organisée de capture des casseurs n’a été mise en œuvre. Une grande part des casseurs arrêtés a été remise en liberté et seule une centaine ont été mis en garde à vue. Cette approche rappelle le précédent des affrontements violents de Notre-Dame-des-Landes n’ayant pas donné lieu à l’arrestation d’insurgés. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) note la fluidité qui apparaît entre l’ultra gauche et l’extrême gauche. Celle-ci est illustrée par les propos de Philippe Poutou du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui déclare que les violences urbaines sont «l’expression d’un ras-le-bol, d’une colère qui est réelle et qui est légitime». Les casseurs appartiennent, d’une part, à des groupuscules radicaux de l’ultra gauche (anarchistes ou autonomes) souvent jeunes, sans travail, vivant fréquemment en squats, d’autre part à des organisations de la gauche extrême ayant une existence tout à fait officielle. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) dénonce le ministre de l’Intérieur de Macron qui a choisi de laisser se développer une situation d’émeute de l’ultra gauche qui était clairement annoncée et qui a décidé ensuite de ne pas procéder à l’interpellation d’une part significative des casseurs. Cette attitude «passive ou complaisante» peut répondre au souhait d’éviter tout affrontement pouvant déboucher sur des blessés graves, ou bien, dans le cas de ce 1er mai, de discréditer la manifestation des syndicats organisateurs. La réaction des organisateurs est d’ailleurs très critique. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que les choix effectués par le ministre de l’intérieur sont complaisants et inappropriés. Ils s’inscrivent dans la suite de l’acceptation d’autres situations illégales : l’absence de prise de contrôle du territoire de Notre-Dame-des-Landes depuis des mois, la non-évacuation des universités occupées par des groupes de la gauche extrême pendant des mois, la tolérance de nouveaux camps de migrants comme ceux à Paris encadrés par les militants associatifs d’extrême gauche. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que la question de la démission de l’actuel ministre de l’Intérieur, suite aux événements du 1er mai à Paris, est aujourd’hui posée.

communication du MIL, 2 mai 2018

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