Les aventures d’un collaborateur du président de la République, disposant de pouvoirs démesurés à l’Élysée, s’additionnent à de multiples incidents qui ont pu survenir parmi les élus de La République En Marche (LREM). L’amateurisme est également apparu comme une caractéristique fréquemment présente à l’Assemblée nationale comme au gouvernement. 

La commission d’enquête du Sénat met progressivement en évidence le rôle joué à l’Élysée par Alexandre Benalla, pendant une année, et le fonctionnement du Palais. La prochaine audition de celui-ci entraîne des attaques brutales et injustifiées contre les sénateurs, de la part de membres du gouvernement, comme Christophe Castaner, ministre en charge des Relations avec le Parlement. Macron lui-même est intervenu auprès du président du Sénat, Gérard Larcher, à ce propos. Cette affaire, a priori banale, se transforme en une affaire d’État. Des questions restent posées, elles doivent trouver réponse. 

La République En Marche, mouvement politique de gauche social-démocrate, souffre d’une part d’un recrutement douteux d’opportunistes aux profils divers et d’autre part d’une absence de ligne politique réellement unificatrice. C’est l’une des raisons pour laquelle tous les pouvoirs se trouvent concentrés à l’Élysée et exécutés plus ou moins activement par les ministres en charge des dossiers. Le parti LREM tarde à se structurer en parti politique à part entière avec une activité locale. Les campagnes ont donné lieu à une communication médiatique sans aucune traduction sur le terrain. Le délégué général de La République en marche, Christophe Castaner, revendique 400.000 adhérents (chiffre d’internautes ayant cliqué un jour sur son site, l’adhésion étant gratuite). De nombreux adhérents font part dans les médias de leur déception sur leur parti, en particulier, sur la non tenue des réunions nationales statutaires en 2018 et sur le mode de fonctionnement sans aucun débat interne ni production d’idées. LREM apparaît comme un fantôme. 

De son côté, le groupe parlementaire LREM de l’Assemblée nationale semble parcouru de tensions de natures diverses et croissantes. Les anciens du parti socialiste, qui constituent la grande majorité des députés, sont assez mal à l’aise tant sur le fond que sur la forme de la gestion des questions politiques, économiques et surtout sociales. Les uns savent que cela sera leur dernier mandat (avec la disparition de leur circonscription), les autres pensent à leur avenir ailleurs. Les groupes parlementaires de gauche (nouvelle gauche – PS et La France Insoumise) sont assez actifs et pourraient redevenir attractifs à un moment ou un autre, bien avant la fin du quinquennat. La majorité parlementaire LREM reste assurée, mais elle pourrait s’avérer friable, avec la forte chute de la cote de Macron. 

Les perspectives électorales de LREM sont incertaines. Les intentions de vote à l’élection européenne reculent. La constitution d’un groupe au parlement européen autour d’«En marche» n’est pas gagnée. D’autre part, les négociations tournées vers la constitution des listes aux municipales évoluent de manière différente selon les villes. L’offre politique pour ces élections risque de demeurer floue dans les mois qui viennent. Il semble à ce jour qu’il y aura quelques candidats LREM proprement dits, mais ils seront peu nombreux. Il devrait y avoir davantage de candidats «soutenus» par «En marche». L’électorat initial LREM, composé de citoyens spectateurs (pas d’adhérents ou de militants), espérait tirer profit d’une politique de gauche sociale-démocrate libérale libertaire. Cet électorat se délite progressivement dans cette seconde année de mandat, d’où les résultats catastrophiques des sondages d’opinion. 

Même les alliés de Macron s’inquiètent de la situation, comme le MoDem, la CFDT ou la FAGE. Les critiques de Jean-Louis Borloo contre Macron illustrent le début de ces défections. Les personnalités opportunistes, qui se sont ralliées à Macron, sont tenues par les avantages honorifiques ou en postes dont ils bénéficient, ou comptent encore profiter (voir les nominations inattendues), mais beaucoup vont désormais jouer la prudence suite à cette première période. Ce contexte de faiblesse pousse Macron à vouloir concentrer le pouvoir uniquement autour de l’Élysée. Elle est illustrée par le projet de réforme constitutionnelle engagée. Il apparaît viser une gestion politique directe des dossiers par Macron. Tous les corps intermédiaires (dont les partenaires sociaux) sont touchés par cette volonté de pallier l’absence d’un parti politique réel et d’un programme cohérent en soutien à Macron. 

Macron lui-même joue souvent contre lui. Ses discours sont généralement bien écrits. Il apparaît en France, comme à l’international, comme un acteur qui interprète des discours rédigés. Mais en dehors de la «scène», ses prises de parole dérivent fréquemment et alimentent un recueil de bons mots. Ceux-ci sont repris par les médias et les réseaux sociaux (comme la récente remarque sur «les Gaulois réfractaires au changement» tenue au Danemark). Ce décalage dans sa communication, entre discours et libres propos, traduit un désordre personnel que perçoit désormais l’opinion. L’absence de ligne politique construite historiquement conduit Macron à piocher dans un tas d’idées acquises en vrac durant sa courte carrière (par exemple comme rapporteur du rapport Attali). 

Par la construction de son parcours, Macron est confronté à des problèmes politiques de fonds de plusieurs natures. 
-D’une part, Macron a posé des systèmes d’équations qui s’avèrent ne pas avoir de solution, entre promesses et budgets. Ce paradoxe mathématique classique s’illustre, par exemple, par l’impasse de la mise en place du Service national universel (SNU) ou l’abandon de la construction des places de prison supplémentaires qui avaient été promises. Les exemples abondent. 
-D’autre part, Macron évite désormais d’annoncer ce qu’il va faire pour se protéger de réactions trop franchement hostiles. Par exemple, les lois «travail» renvoient aux textes réglementaires les clés du contenu des mesures qui vont être prises dans les prochains mois. Mais le recours à la langue de bois n’a qu’un temps, ces réalités vont le rattraper mécaniquement. 
-Ensuite, la croissance dont Macron a bénéficié en 2017 (sans en être responsable) n’est plus au rendez-vous en 2018, pas plus que les nouveaux emplois. Il voit donc ses moyens de manœuvre budgétaire réduits pour les prochains mois pour tenir le déficit, moins de 3%, dans le cadre des engagements européens. 
-Enfin, ses rencontres internationales n’ont pas été payantes (avec Trump ou Poutine, discours et projets sur l’Union européenne) et notre balance commerciale est plus mauvaise que jamais. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate l’effondrement en cours de Macron dans les sondages. A l’origine de ce mouvement se trouvent des sujets de crise, qui se sont progressivement ouverts (retraités, etc.), après une année d’état de grâce. Ces problèmes ne vont pas se résoudre facilement. De plus, les nouvelles politiques qu’il engage, dont celles annoncées par le projet de loi de finances 2019, devraient provoquer encore davantage de rejet. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime qu’un mécontentement profond va s’installer, de manière durable, dans une grande partie de la population, vis-à-vis de Macron et de sa politique. D’ailleurs, Macron n’a engagé aucune inflexion par rapport à son projet politique initial. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge qu’à ce contexte d’échecs et de mécontentement, doit répondre une critique sérieuse des politiques engagées par Macron. Il s’agit d’une obligation citoyenne pour défendre les intérêts des Français et de la France. Le silence serait une faute. 

La droite républicaine doit porter le flambeau de cette opposition chaque jour afin de convaincre et mobiliser l’opinion pour que chacun comprenne la responsabilité de Macron dans la situation présente. Cette opposition passe par les interventions de ses responsables, mais aussi par l’organisation de campagnes de terrain dynamique (affiches, tracts, réseaux sociaux…). 

Parallèlement, des solutions politiques alternatives simples et claires doivent être présentées au Français pour préparer l’avenir et en premier lieu les échéances de 2019 et 2020.

Communication du MIL, 13 septembre 2018

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