Macron a déclaré : «Je ferai tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix - je l’espère incarnée par une liste le plus large possible en France – se fassent entendre». 

Macron prépare l’élection européenne de mai 2019 avec beaucoup de soins. Il en mesure l’enjeu national et international. Il est vrai que la baisse des intentions de vote en faveur de sa liste est assez nette pour le pousser à réagir. La chasse aux vedettes médiatiques est ouverte pour constituer sa liste «progressiste» (avec ou sans Daniel Cohn-Bendit ?). 

Macron a développé un discours sur l’Union européenne depuis son arrivée au pouvoir. Il a prononcé de forts beaux discours. Son positionnement fédéraliste européen est clair. Il est même devenu le porteur de cette ligne politique, en prônant de nouvelles délégations de pouvoirs des pays membres à l’Union. Au sein de 27 pays de l’Union, il est ainsi devenu le repoussoir de plusieurs gouvernements étrangers… 

Paradoxalement, s’il apparaît en phase avec les responsables actuels de la Commission de Bruxelles, sur un plan concret, Macron n’a pratiquement rien obtenu de sérieux auprès de nos partenaires. Citons, par exemple, les modifications marginales du statut des travailleurs détachés, la non-interdiction du glyphosate ou l’échec du projet de gouvernement économique de la zone euro. Depuis son arrivée au pouvoir, sa démarche s’est traduite par plusieurs échecs. 

Au niveau de l’UE, Macron et son équipe cherchent des «partis frères», appartenant à la gauche sociale-démocrate et au centre gauche, dans tous les pays, pour assurer la présence de listes «progressistes». Ce projet d’un «En marche international» ne semble pas encore se concrétiser. 

En difficulté pour se positionner sur cette élection, Macron joue la seule carte dont il dispose : «le rejet de l’extrême droite». Il cherche à jouer un remake de la présidentielle sur le thème «voter pour moi contre le Front national». Dans la version européenne, cela devient : voter pour les «progressistes» contre les «nationalistes». Mais la réalité politique de chacun des pays de l’UE diffère et, en fait, ne répond pas à ce schéma simpliste … pas même en France. 

L’opposition entre les partisans de l’Europe fédérale supranationale et ceux de l’Europe des nations (ou des États) réside dans une répartition complexe à droite comme à gauche. Bref, les adversaires de l’Europe fédérale sont bien loin d’être tous des extrémistes, comme Macron souhaiterait le faire croire. 

L’argument «Moi ou le diable» ne pourra pas bien fonctionner dans un scrutin national à la proportionnelle ou l’offre politique comportera de multiples listes. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL), contrairement à Macron, pense que le scrutin européen aura un réel impact sur la politique nationale du gouvernement. Il est probable qu’il entrainera un tournant politique en France. Macron affirme : «En aucun cas je ne changerai de politique», mais ses résultats le ramèneront à la réalité. En effet, dans le cadre d’un scrutin proportionnel, national, le résultat sera certes plus ou moins clair en fonction des listes finalement présentes. Mais il a toute chance de conduire l’alliance LREM – MoDem (si elle se confirme) à un positionnement relativement secondaire. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que, sans quitter l’Union européenne, comme la Grande-Bretagne, il est possible de redéfinir la politique de l’Union. Cette conviction émerge actuellement dans de nombreux pays. Il s’agit en particulier de dire ce qui est, d’un côté, des compétences des nations et, de l’autre, des projets qui peuvent être, en partie au moins, du domaine de l’Union (projets industriels ou de recherche, acteurs du numérique, échanges universitaires, frontières extérieures de l’Union, etc.). 

L’objectif est de mener une nouvelle politique au sein de l’Union en assurant des convergences et des dynamiques, à géométrie variable, avec des pays volontaires, selon les projets.

Le MIL, communication du 10 octobre 2018

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