Le 16 octobre, Macron a lancé la campagne européenne de 2019. «Je crois dans ce projet que je veux porter en Europe. Et c’est pour cela que je souhaite aussi le rassemblement le plus large.» 

Macron a décrit la situation avec gravité. Il s’est positionné lui-même, modestement, comme «La solution», pour la France et l’Europe, face aux problèmes du moment. Il affirme que : «Le monde se fracture, de nouveaux désordres apparaissent et l’Europe bascule presque partout vers les extrêmes et à nouveau cède aux nationalismes. Il faut que la France garde la maîtrise de son destin.» 

Les constats de Macron sont faux pour plusieurs raisons. D’une part, le monde ne change pas tant que cela, des rapports de force évoluent effectivement, mais à ce jour, il ne s’agit pas de désordres, mais de risques à anticiper, comme c’est l’usage. D’autre part, les équilibres politiques des pays de l’Union européenne changent, cela apparait assez normal dans des régimes démocratiques. La tendance générale semble être à la multiplication des forces politiques et à la sortie de situations de bipartisme. Cela crée une situation nouvelle qui devrait se traduire par une multiplication des groupes politiques au sein du parlement européen en 2019. Le parlement disposera d’une représentation plus composite. Les groupes socialistes (PSE) et démocrates-chrétiens (PPE) ne domineront plus mécaniquement l’assemblée européenne, comme cela a été le cas depuis des décennies. La ligne politique traditionnelle de l’Union européenne pourrait au minimum s’infléchir ou même changer en fonction des positions des gouvernements européens et du poids des groupes parlementaires. Enfin, quand Macron affirme que l’Europe bascule vers les extrêmes, il présente un tableau inexact. Certes des partis, ou coalitions, marxistes ont repris du poids comme en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en France (LFI, PCF…), mais sans présenter de menaces à leur stade de développement. Parallèlement, de nouveaux partis de droite ou d’extrême droite ont fait leur apparition comme notamment en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Suède. Certains participent au gouvernement, mais cela ne change pas fondamentalement les choses. Ces derniers partis défendent leurs intérêts nationaux. Mais ils n’ont, dans la pratique, aucun projet européen commun. Ils ne partagent que le refus d’une immigration illégale et la dénonciation de Bruxelles imposant une autorité supranationale (agissant dans le sens de la constitution d’une Europe fédérale). 

Cette question de la défense des frontières de l’Union vis-à-vis de l’immigration est partagée par des forces politiques de plus en plus larges, et même certains partis de gauche se sont clairement ralliés au principe du refus d’une immigration incontrôlée. 

Les partis fédéralistes européens refusent l’arrêt de l’immigration et défendent le principe d’une répartition des migrants par pays, selon la capacité supposée d’accueil de ceux-ci. C’est la position défendue par Macron et LREM. La loi «asile et immigration» adoptée, comporte certes un resserrement des procédures, mais elle ne permet pas de bloquer l’arrivée de migrants, ni d’expulser les candidats déboutés. Concrètement, le nombre de demandeurs d’asile croît, le nombre des acceptations de réfugiés augmente et, pour chaque bateau de trafic humain, Macron accepte l’accueil d’une part des migrants en France… 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que Macron vient de débuter sa campagne pour l’élection européenne. Le président a choisi une argumentation symbolique très éloignée de la réalité des problèmes. Il tente de jouer sur le thème du «rejet des extrêmes» en proposant une alternative entrant dans un registre connu : «c’est moi ou le chaos». Mais la logique de «front républicain», qui a joué lors de la présidentielle, ne fonctionnera pas pour le scrutin européen marqué par une élection nationale à la proportionnelle à un tour, avec un large choix de listes. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge que, pour cette élection, la droite républicaine doit mobiliser sur une nouvelle politique européenne à mettre en œuvre et contre l’Europe fédérale. 

Lire la Communication du MIL du 10 octobre 2018 – «MACRON – CHAMPION 2019 DE L’EUROPE FÉDÉRALE»

Le MIL, communication du 18 octobre 2018

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