Macron vient de publier une tribune dans les 28 pays membres intitulée «Pour une renaissance européenne» afin d’engager la campagne électorale et de trouver des partis partenaires pour LREM.

L’image de Macron dans les pays de l’Union européenne s’est profondément dégradée depuis 2017. 
La première raison tient à l’absence de maîtrise budgétaire de la France, qui apparaît comme l’une des plus mauvaises élèves au sein de l’Union. La seconde est causée par l’impact, à l’étranger, de la contestation des «gilets jaunes» et l’explosion de violences urbaines non maitrisées qui l’accompagne. Bilan : Macron a perdu une partie de sa crédibilité, donc la France aussi. 

Macron a essuyé des échecs successifs sur ces projets européens. 
À l’origine, Macron a mené campagne pour l’«approfondissement de l’Union Européenne» (Discours de la Sorbonne). L’objectif d’un «budget stabilisateur de la zone euro» n’est plus à l’ordre du jour. La Directive sur la taxation des GAFA ne verra pas le jour au niveau européen. Le compromis obtenu sur le travail détaché et la Directive qui en est issue sont insuffisants (sans compter qu’il exclut les chauffeurs routiers). Le glyphosate n’a pas été interdit. Des alliances industrielles entre entreprises françaises et européennes peinent à déboucher et celles existantes connaissent de gros problèmes. 

Macron ne s’est pas montré capable de nouer des relations fortes avec les gouvernements des pays de l’UE, même avec l’Allemagne. 
Macron a mis le ministre des Affaires étrangères sur la touche. Il n’a pas observé les usages élémentaires de la diplomatie en attaquant les décisions de dirigeants de plusieurs pays européens (pays du groupe de Visegrad, Italie). Il a également soutenu publiquement des candidats lors d’élections dans les pays voisins, qui ne l’ont pas emporté (Italie). La prise de parts du gouvernement des Pays-Bas dans le capital d’Air France – KLM a été une manœuvre hostile. Elle illustre la mauvaise qualité des relations bilatérales avec un pays historiquement proche, c’est un échec personnel pour Macron. 

Macron ne peut plus aspirer à devenir un «leader pour l’Europe». 
Seuls quelques-uns de ses partisans et les médias proches de la présidence feignent encore d’y croire. Dans ces circonstances, la «Tribune», qu’il vient de publier dans différents quotidiens des pays de l’Union, apparaît comme une initiative assez limitée. 

Macron tente de se repositionner pour être le moteur d’un groupe parlementaire clé au parlement européen. 
Directement, Macron n’évoque plus dans sa «Tribune» ni projet d’intégration européenne, ni budget de la zone euro avec mutualisation, ni gouvernance de la monnaie unique. La «Tribune» de Macron débute par un «Citoyens d’Europe» qui confirme bien la vision fédéraliste de Macron. L’Union européenne n’est pas un pays et n’a pas de citoyens. 

La «tribune» comporte : 

-Une série de vœux pieux (en faveur de la liberté, la protection et le progrès), avec quelques idées consensuelles (comme la lutte contre les ingérences étrangères dans les démocraties européennes). 

-Des idées de constitution d’une série de nouvelles institutions supranationales (dont une «Banque pour le climat»), qui porteraient atteinte à la souveraineté des Nations. 

-Des projets que l’on sait sans perspective réelle (telle la convergence des «droits sociaux européens» ou la «remise à plat des accords de Schengen»), compte tenu des gouvernements en place. 

-Plusieurs idées dangereuses comme la création d’un «office européen de l’asile et d’une police des frontières commune». 

-L’affirmation de la permanence d’un clivage entre les «européens» et les partisans des Nations (qualifiés bien inexactement de «nationalistes»). Cette analyse primaire proposée par Macron entre «bons» et «méchants» ne correspond à rien dans l’échiquier politique européen. La réalité est beaucoup plus complexe pays par pays et courant politique par courant politique. 

Enfin, son texte évite de nombreux sujets comme la nature des risques actuels : terrorisme islamique, migrations, dénatalité, menaces sur l’identité de nos pays, etc. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que la relative absence d’aspérité de la «Tribune» (hormis les instances supranationales) ne signifie en rien que Macron ait abandonné le projet d’une Europe fédérale qu’il a défendu et auquel il croit. Mais cela signifie qu’il se trouve en manœuvre, sur le plan national et européen, dans un contexte peu favorable pour lui. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que Macron ne connaît pas plus la réalité de l’Europe qu’il ne comprend la situation intérieure de la France. Il agit par rapport à l’image illusoire qu’il s’en fait sans tenir compte des réalités. Il joue la communication pour saturer l’opinion. 

Sur le plan national, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) dénonce ce recours à la communication conduite en tant que «Président de la République» pour soutenir puissamment la campagne de sa liste de gauche social-démocrate (réunissant LREM, MODEM, Mouvement des radicaux, Agir et autres) dans le cadre de l’élection européenne de mai 2019. Le coût de cette communication devrait être intégré dans les frais de campagne de cette alliance politique. 

Sur le plan européen, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate les efforts de Macron pour racoler divers partis européens. Il vise à participer à la constitution d’un groupe parlementaire-clé au sein du parlement européen entre le PPE et le PSE. La publication de sa «Tribune» contribue évidemment à cette opération, qui ne semble pas en passe d’aboutir. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) rappelle que Charles de Gaulle a toujours privilégié le principe d’une Europe intergouvernementale, c’est-à-dire une Europe des Nations. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) a toujours soutenu et soutient toujours cette position politique.

Le MIL, communication du 11 mars 2019.

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