La Chine a toujours un régime communiste totalitaire. L’économie chinoise reste sous le plein contrôle de l’État chinois. La Chine connaît de multiples difficultés de fond. Elle cherche à y répondre par le développement de sa puissance internationale, économique et militaire. La France doit dialoguer avec la Chine, mais avec une grande prudence. Elle doit défendre un objectif prioritaire : l’équilibre des échanges commerciaux entre la France et la Chine. La seconde priorité est de répondre à l’expansionnisme chinois aux côtés de nos alliés et de refuser de se soumettre.

La chine a toujours un régime communiste totalitaire.  La République populaire de Chine (RPC) est gouvernée par un parti unique : le parti communiste chinois (PCC). Xi Jinping est le président de la République populaire de Chine depuis 2013. Son père était un proche de Mao. Le Parlement chinois a modifié la Constitution en mars 2018. Le nombre de mandats présidentiels autorisés n’est plus limité. Xi Jinping a annoncé son intention de gouverner indéfiniment. 

Le Parti communiste chinois a également renforcé son pouvoir sur la bureaucratie gouvernementale. Il supervise un nouvel organe gouvernemental doté de pouvoirs importants : la Commission de surveillance nationale. Les citoyens chinois sont évalués par un système de «crédit social». Les «bons» citoyens et citoyennes acquièrent des droits, les «mauvais» citoyens se les voient retirer.

La liberté d’expression n’existe pas. Toute dissidence est durement réprimée. La surveillance de la population a atteint des sommets avec vidéo accompagnée de la généralisation de la reconnaissance faciale. Le contrôle social est omniprésent. Le communisme doit être enseigné aux enfants à l’école. Les minorités (tibétains, ouïghours, etc.) sont persécutées (et une part enfermée dans des camps de rééducation) et leurs provinces occupées et repeuplées progressivement par des Chinois. 

La Chine subit un régime totalitaire, dont l’apparente réussite économique a changé l’image, mais qui reste totalitaire. Toute décision doit prendre en compte cette réalité, car les problèmes d’un régime totalitaire n’ont qu’une issue : le conflit. Ceux qui ne perçoivent pas cette réalité sont ceux qui ont cru aux «accords de Munich» avec le régime nazi : «L’histoire ne se répète pas, mais elle rime».

L’économie chinoise reste sous le plein contrôle de l’État chinois. La Chine a connu un boum économique. Elle aborde aujourd’hui un ralentissement important. Le développement d’entreprises privées a été bien réel, mais les entreprises privées chinoises restent étroitement contrôlées par l’État et le PCC. La Chine ne suit aucunement les règles occidentales de par sa culture et de par son idéologie communiste. Elle a pillé les brevets occidentaux et continue à exercer une conquête des données par divers moyens. Ses investissements en Europe et en particulier en France participent tous plus ou moins à cette conquête.

La chine connaît de multiples difficultés de fond. La Chine connaît des difficultés de fond auxquelles elle doit faire face, dont l’évolution démographique négative (suite à la politique de l’enfant unique), la dépendance de l’étranger en matières premières et en produits alimentaires (pas d’autosuffisance alimentaire pour 1,5 milliard d’habitants), une profonde rupture sociale entre les bénéficiaires du développement économique récent (15% à 40% de la population selon la manière de l’estimer) et la majorité des Chinois des provinces auxquels est refusé l’exode rural ; des provinces de l’est peuplées par des populations non chinoises (Tibétains, Ouïghours, Kazakhs, etc.) ; de même dans le sud du pays avec des populations non chinoises peu soumises. Ces difficultés intérieures expliquent, en partie, la politique extérieure de la Chine en construction qui se caractérise par une idéologie de «domination».

La chine cherche à y répondre par le développement de sa puissance internationale économique et militaire. D’une part, la Chine construit une puissance militaire à grands pas. Elle affirme une ambition de domination de la mer de Chine au-delà de ses eaux territoriales. Elle a ainsi construit des îles artificielles en mer de Chine pour en faire des bases militaires (face au Vietnam et aux Philippines). Mais elle va plus loin, la première base militaire chinoise a été établie à Djibouti, où la France est historiquement présente et dispose, elle aussi, d’une base importante. La Chine vient par ailleurs d’inaugurer une nouvelle ligne de chemin de fer entre Djibouti et Addis-Abeba (Éthiopie), qui prend la place de la ligne française. Le face-à-face entre la France et la Chine en Afrique est devenu une réalité.

D’autre part, la Chine développe des actions de «partenariats économiques» en Asie et en Afrique avec des conventions très dures pour se procurer des matières premières indispensables à son industrie. Sa présence, jugée «brutale» par beaucoup de partenaires, commence à faire l’objet d’un certain rejet.

Enfin, la Chine met en œuvre, depuis 2013, le projet des «nouvelles routes de la soie» comportant un programme d’infrastructures terrestres (accès routiers à des ports étrangers, voie ferroviaire entre la Chine et l’Union européenne via la Russie) et des installations portuaires, destinées officiellement au commerce. Un budget de 1.000 milliards de dollars a été annoncé. Ces infrastructures ont, de fait, au-delà de leur fonction purement commerciale, une dimension géopolitique et une potentialité militaire évidente.

Quelles réponses apporter à la chine ?

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime qu’il est normal que la France conduise des relations diplomatiques avec la Chine. Mao Zedong a proclamé la République populaire de Chine le 1er octobre 1949. Le général de Gaulle a été le premier chef d’État occidental à reconnaitre la République Populaire de Chine, le 27 janvier 1964. Cette décision pragmatique était pleinement justifiée.

Mais le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que les relations doivent être empreintes d’une grande prudence, compte tenu de la nature totalitaire du régime politique chinois. Les intérêts extérieurs de la France (en Afrique), comme ceux des partenaires de la France (l’Italie avec le port de Trieste ou la Grèce avec le port du Pirée), posent déjà problème. Les relations de la France et de la Chine ont vocation à relever d’un simple rapport de force.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) a pleine conscience que les nations immédiatement menacées par l’influence et l’expansionnisme chinois sont ses voisins asiatiques (Birmanie, Corée du Sud, Japon, Malaisie, Philippines, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam) et, à plus long terme, l’Inde et la Russie (qui apparaît encore aujourd’hui comme un allié de la Chine).

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) souhaite que les investissements chinois en France (plus de 14 milliards d’euros de 2000 à 2018) soient limités au minimum et que les investissements français en Chine restent très prudents. L’exemple de la crise que traverse aujourd’hui l’Allemagne, suite au ralentissement de la croissance chinoise, suffit à nous éclairer sur les risques encourus. Tous les investissements occidentaux en Chine sont caractérisés par un fort taux de risques (intérêts privés contre État chinois). De même, des achats chinois ont concerné : le Club Medl’hôtellerie de luxe, l’automobile (participation chez PSA), les clubs de foot(FC Sochaux-Montbéliard), l’aéroport de Toulouse-Blagnac, des terres céréalières, des vignobles, des usines de laitdestinées au marché chinois, les marques AosteJustin Bridou et Cochonou, les margarines «St Hubert», le luxe (ils ont acquis la majorité de Lanvin, le parfumeur Marionnaud, la griffe Sonia Rykiel et le chausseur Robert Clergerie), l’énergie (30% de la branche d’exploration-production GDF Suez), etc.

Enfin, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) doute de la capacité de Macron à faire face au président Chinois (au-delà des poignées de mains, des photos et de beaux repas de luxe). La récente réunion de Paris avec Xi Jinping était du pur domaine de la communication. L’invitation faite par Macron, à Juncker et Merkel, à participer à la rencontre avec le président chinois, traduisait sa faiblesse à assurer seul le dialogue avec le président chinois alors qu’il n’y a aucune politique de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine. Heureusement, la France n’a pas signé avec la Chine un accord-cadre pour participer aux projets d’infrastructures des «nouvelles routes de la soie», comme vient de le faire à tort l’Italie.

Les échanges, qui ont eu lieu, sur l’application des engagements de la COP21 ne peuvent que faire sourire, ou indigner, quand on sait que la Chine est le premier émetteur de gaz à effets de serre au monde et le premier producteur de charbon. La pollution dans les grandes villes chinoises atteint des sommets mondiaux.

Par ailleurs, on ne peut que douter de la concrétisation, dans le temps, de la vente signée de 290 Airbus, quand on connaît les programmes chinois pour fabriquer des avions du même type.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère, sur le plan économique, que la balance commerciale entre la France et la Chine doit être équilibrée, dans un délai rapide. Il s’agit d’une nécessité pour l’économie française. Toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour atteindre cet objectif.

La délocalisation en Chine de l’usine française de fabrication de la Smart, par le groupe allemand Daimler, illustre, mieux qu’un long discours, la nécessité d’appliquer à la mondialisation un contrôle plus sérieux. Le temps des échanges inégaux, à notre détriment, doit prendre fin. Le problème prioritaire à régler, dans l’équilibre de nos échanges commerciaux, est celui posé par la Chine.

Le MIL, communication du 8 avril 2019

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