Le gaullisme, aujourd’hui et demain

par Michel HABIB-DELONCLE, ancien ministre du Général de GAULLE, membre du comité d’Honneur du Mouvement initiative et Liberté

intervention lors de la XVIème convention nationale du MIL (février 2006) 

Chers Amis, chers compagnons dirai-je, j’ai été très touché par l’invitation du président Béteille et notamment du sujet qui m’a été proposé : «Le gaullisme aujourd’hui et demain». Je vais vous faire une confidence : depuis que ma conscience politique s’est vraiment éveillée c’est-à-dire depuis certains jours noirs de juin 1940, je n’ai jamais été autre chose que gaulliste. Si vous faites le calcul, cela fait soixante-six ans. Mais devant le sujet qui m’est proposé et, en tant qu’ancien parlementaire, c’est presque un réflexe, je me suis posé une question préalable et je ne suis pas le seul à l’avoir posée, elle a été posée depuis longtemps : «Peut-il y avoir un gaullisme sans de Gaulle ou après de Gaulle ?» 

«PEUT-IL Y AVOIR UN GAULLISME SANS DE GAULLE OU APRÈS DE GAULLE ?»

Je me souviens d’une controverse que j’ai eue à ce sujet avec un homme que j’estimais pourtant beaucoup, Jacques Vendroux qui était le beau-frère du Général. J’avais écrit dans le quotidien La Nation – il y avait encore à l’époque un quotidien gaulliste dont j’étais le directeur politique – «Le gaullisme pour moi ne consiste pas à se demander chaque matin ce qu’aurait fait le général de Gaulle». Et Jacques Vendroux avait répondu «eh bien moi au contraire, c’est exactement ce que je fais !». Et pourquoi avais-je cette position ? C’est parce que chez le général de Gaulle, il y avait une pensée, il y avait des lignes directrices, mais il y avait aussi l’impondérable qui était le Général lui-même. On peut être gaulliste aujourd’hui mais se dire que le 17 juin 1940, on n’aurait pas pris l’avion pour aller à Londres. 

Je vais vous conter une anecdote, puisque désormais les délibérations des Conseils des ministres ne sont plus couvertes par le secret trentenaire. C’est quelque chose qui a été pour moi tout à fait imprévisible, le jour où de but en blanc le général de Gaulle a annoncé au Conseil des ministres qu’il allait reconnaître la Chine de Mao Zedong. Or j’étais à ce moment-là en charge des relations avec les pays d’Afrique noire où les Chinois faisaient une infiltration très dangereuse qui menaçait les gouvernements amis que nous y avions. Je suis intervenu en Conseil des ministres pour demander l’autorisation, qui m’a été accordée, d’envoyer une circulaire à nos ambassadeurs dans ces pays pour leur dire qu’ils n’étaient pas tenus d’imiter la France et que ceux qui voudraient reconnaître la Chine la reconnaîtraient et ceux qui ne voulaient pas la reconnaître ne la reconnaîtraient pas. 

Il y a des actes, avec le général de Gaulle, qui sont imprévisibles : le retrait de l’OTAN par exemple; de même une chose qui a beaucoup surpris ceux qui l’avaient combattu pendant la IVème République, c’est la mise en application du Traité de Rome, auquel le Général n’était évidemment pas favorable au départ. 

Le caractère du général de Gaulle était personnel et imprévisible parce qu’il était un génie, parce qu’il était un homme de l’Histoire, parce qu’il voyait plus loin. Mon ami Edmond Michelet l’avait défini un jour comme «l’homme d’avant-hier et l’homme d’après-demain». Il était solidaire de tout le passé de la France, – je ne pense pas qu’il aurait beaucoup aimé que l’on se repente sur le passé de la France – et il voyait très loin dans l’avenir de la France, au-delà de ce qui était immédiatement perceptible. Mais c’est lui-même qui répond à ma question, il y a répondu d’ailleurs très tôt dans la fin de la première partie de sa vie, lorsqu’il a écrit les Mémoires de guerre. Dans le dernier chapitre, qui est très émouvant, on trouve cette phrase qui m’a toujours frappé : «Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard une source d’ardeurs nouvelles après que j’aurais disparu». Ces mots «ardeurs nouvelles», j’aurais souhaité que l’un de nos mouvements le prenne en exergue. Ensuite beaucoup plus tard, le 9 septembre 1968, après les évènements dont vous avez le souvenir et concluant sa ligne d’action, il disait dans sa conférence de presse : «On voit donc quel est pour longtemps le devoir de cohésion et de résolution de ceux qui à mesure du temps ont adhéré, adhèrent ou adhèreront à l’entreprise de rénovation nationale qui a le service de la France pour raison d’être, pour loi et pour ressort. Cette entreprise, si on l’appelle gaullisme depuis 1940, n’est que la forme contemporaine de l’élan de notre pays une fois de plus ranimé vers un degré de rayonnement, de puissance et d’influence répondant à sa vocation humaine au milieu de l’humanité». 

A-t-on besoin d’une feuille de route ? La voilà, elle est écrite depuis 1968, elle est toujours valable : «l’entreprise de rénovation nationale qui a le service de la France pour raison d’être, pour loi et pour ressort».

 Alors me direz-vous, dans le concret qu’est-ce que cela peut-être ? Comment peut-on définir le général de Gaulle ? Je sais qu’il y a eu à un moment donné un grand débat sur l’usage du mot doctrine. J’étais pour ma part assez réservé sur l’usage du mot doctrine parce que je définissais le gaullisme comme un empirisme à principes. N’oubliez pas que l’une des grandes phrases du général de Gaulle était : «Les choses étant ce qu’elles sont». Ce qui veut dire que ce qu’on a fait hier et qui était valable hier, ne nous dit pas ce qu’il faut faire pour le lendemain. On peut très bien s’affirmer solidaire de Kennedy à Cuba et protester contre la guerre du Viêt-Nam. Parce que l’un répond à une situation déterminée et l’autre à une autre situation. Par conséquent si on détermine ce que sont les principes du gaullisme, on les adaptera ensuite à une situation donnée. Il faut distinguer l’accessoire, le contingent, de ce qui est l’essentiel. 

DE GAULLE, UNE VISION DE L’ÉTAT

Sur l’essentiel, que nous a-t-il donné ? Que nous a-t-il laissé ? Une vision de l’État, une vision du monde, une vision de la société. J’attacherai peut-être un peu plus d’importance au chapitre sur l’État, puisque les Institutions sont à l’heure actuelle l’objet de discussions, qui ne sont pas d’ailleurs illégitimes. La clé de voûte de l’État pour le général de Gaulle, après la réforme de 1962, c’est le Président de la République et son élection au suffrage universel. Le Président de la République est déjà la clé de voûte depuis le discours de Bayeux de 1946, repris dans la Constitution de 1958. Mais l’élection au suffrage universel, que le général de Gaulle n’a pas voulu proposer d’emblée en 1958, mais qu’il a proposé ensuite en 1962 fait du Président de la République la clé de voûte de l’État. Il est clair que pour le général de Gaulle, le gouvernement est le gouvernement du Président de la République. Il dit toujours «mon gouvernement», «Mon gouvernement fera ceci, mon gouvernement a fait cela, mon gouvernement proposera». En ce qui concerne le Premier ministre, il dit : «Étant donné l’importance et l’ampleur des attributions du Premier ministre, il ne peut être que le mien». C’est clair et cela a été réaffirmé aussi bien par Georges Pompidou quand il était Premier ministre, que par Jacques Chaban-Delmas lorsqu’il était Premier ministre de Georges Pompidou et qu’il fut attaqué à l’Assemblée Nationale par un certain François Mitterrand dont vous avez peut-être entendu parler. (Permettez-moi de vous dire que la différence entre de Gaulle et Mitterrand, c’est que de Gaulle a toujours pensé à la France et Mitterrand n’a jamais pensé qu’à lui-même). 

Et donc Chaban-Delmas répondait à Mitterrand qui lui avait dit «mais que feriez-vous si vous étiez en désaccord avec le Président de la République et qu’il vous demande votre démission ? » Et Chaban répondait «Que penseriez-vous d’un homme qui a été nommé par le Président de la République, qui a la confiance du Président de la République et auquel le Président demanderait de lui remettre son mandat et qui refuserai ? Ce serait un triste sire». (Je crois que l’appellation qualifiait plutôt celui à qui il s’adressait). 

Donc on peut penser que dans l’article 8 de la Constitution stipulant que «le Président nomme le Premier ministre», on aurait pu rajouter «et révoque». Ce qui aurait correspondu plus exactement à la réalité, alors que la remise de la démission du gouvernement est un acte volontaire du Premier ministre. Mais enfin c’est un peu accessoire pour le moment. Ce qui n’est pas accessoire c’est la cohésion du gouvernement. Qu’on ne me prenne pas pour un donneur de leçon, je dis ce qui est. Je vais vous raconter une anecdote personnelle. J’étais jeune secrétaire d’État aux affaires étrangères. Quand j’étais parlementaire, dans la législature précédente, je m’occupais des échanges de visites de députés entre l’UNR et la CDU-CSU, le parti du chancelier Adenauer. On voyait à l’époque se dessiner ce rapprochement entre Adenauer et de Gaulle et entre la France et l’Allemagne qui a abouti à la signature du traité de l’Élysée dont j’ai eu l’honneur d’être un témoin oculaire. Je rendais donc visite au Général, j’avais une audience pour parler d’autre chose, probablement de l’Afrique. J’avais demandé préalablement à me rendre à une réunion que j’avais organisée et pour laquelle j’avais prévu un avion du Glam. Elle devait se tenir à Bad Godesberg. Je ne sais pas si c’est encore vrai aujourd’hui mais à l’époque, quand un membre du gouvernement voulait sortir de France, il demandait l’autorisation au Président de la République, par l’intermédiaire du Secrétaire Général de l’Élysée. Le Secrétaire Général de l’Élysée me téléphone et me dit : «Vous savez, pour votre voyage à Bad Godesberg, le Général n’est pas d’accord». Je lui réponds «Comme je vais lui rendre visite, je lui en parlerai». Donc, à la fin de l’entretien, je dis au Général : «Mon Général, on me dit que pour ma visite à Bad Godesberg, vous n’êtes pas d’accord». Il me répond : «Non, vous êtes membre du gouvernement, c’est une réunion entre parlementaires, vous n’êtes plus parlementaire, vous êtes membre du gouvernement». Alors je lance un dernier argument : «Mais, mon Général, c’est une réunion de caractère strictement privé». Écoutez bien : il hausse le ton : «Qu’est-ce que c’est, une réunion de caractère strictement privé ? C’est un mariage, ou une première communion. En dehors de cela, là où vous êtes, vous êtes le gouvernement, vous parlez au nom du gouvernement et vous engagez le gouvernement». J’ai l’impression que c’est quelque chose qui s’est un petit peu perdu ! Le Général était conscient que le septennat rendait le Président plus indépendant des contingences parlementaires. Maintenant le quinquennat est, les choses sont ce qu’elles sont, comme on disait tout à l’heure. Mais étant donné que nous sommes dans un quinquennat, est-il absolument nécessaire de limiter le nombre des mandats ? J’ai regardé un peu dans le Who’s Who international. Vous savez combien de temps Helmut Kohl est resté Chancelier en Allemagne ? Seize ans. L’Allemagne n’a pas eu à s’en plaindre. Madame Thatcher est restée Premier ministre en Angleterre onze ans. Je ne crois pas que l’Angleterre ait eu beaucoup à s’en plaindre non plus. Il me paraît qu’il n’est pas obligatoire de limiter le nombre des mandats et qu’il faut laisser le suffrage universel trancher. Pour un mauvais Président, un quinquennat est de trop, pour un bon candidat deux quinquennats ne sont peut-être pas assez. 

Enfin dans ce que j’appelle les principes le maintien du système majoritaire. Quand j’entends des gens vous parler de saupoudrer de proportionnelle, on voit bien où ils veulent en venir. Quand je regarde le programme actuel de l’UDF, c’est le programme du retour pur et simple à la IVème République. Je l’ai vécue. J’ai été pendant six ans secrétaire du groupe gaulliste à l’Assemblée Nationale et j’ai continué encore officieusement pendant quatre ans, avant d’être élu député. J’ai bien vu le système des partis et il faut faire attention également que l’État ne tombe pas aux mains des partis. Il est bon que nous ayons une formation unique même si elle admet des nuances à l’intérieur d’elle-même. Il est bon que nous ayons une formation unique, parce que nous ne sommes pas un parti mais une Union, je parle de l’UMP, et c’est ce que le général de Gaulle aurait souhaité. 

DE GAULLE, UNE VISION DU MONDE

La France dans le monde. Le général de Gaulle a remis la France au rang des vainqueurs. Il a obtenu une zone d’occupation en Allemagne. Ce n’était pas évident, quand on a vécu la défaite de 1940, et l’effondrement de l’armée de la France qui était considérée comme l’armée de l’Europe. Quelle désillusion qu’ont vécue les Américains ! Roosevelt ne nous a jamais pardonné l’effondrement de la France. Le fait d’avoir ramené la France à la table des vainqueurs pour signer la capitulation de l’Allemagne et d’avoir obtenu un siège permanent au Conseil de Sécurité est un héritage que nous devons sauvegarder a tout pris, on a vu d’ailleurs ce que cela voulait dire au moment de la crise irakienne. On a vu qu’en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, la France pouvait bloquer l’appui des Nations-Unies à une entreprise qui se révèle être aventureuse et probablement vouée encore à beaucoup de complications. 

Et puis, il y a l’arme nucléaire. L’indépendance de la France, c’est cela : Avoir un siège permanent au Conseil de Sécurité et rester maîtresse de son destin, avec une arme nucléaire dont seul le Président de la République doit décider de l’emploi. Et quand on vous parle de l’Europe n’ayez pas peur, pour autant que la décision sur l’arme nucléaire ne reviendra à personne d’autre qu’au Président de la République Française. C’est la garantie d’une Europe européenne, d’une Europe des États dans laquelle la France garde son indépendance. 

L’Europe : la sauvegarde de l’indépendance n’a jamais signifié l’isolement. Le général de Gaulle en parle dans ses «Mémoires d’espoir» à la page 181 : «L’union de l’Europe ne saurait être la fusion de peuples, mais elle peut et doit résulter de leur systématique rapprochement ». Cela veut dire que quand le général de Gaulle dit «systématique rapprochement», cela signifie rapprochement dans un système. Et par conséquent je crois que personne ne peut dire comment il aurait vécu les évènements qui se sont déroulés depuis son départ. Je rappelle qu’il a décidé l’application du Traité de Rome, alors que ses partisans dans les assemblées ne l’avaient pas voté. Je crois être fidèle à sa pensée en disant qu’il aurait appuyé une organisation européenne dont la clé de voûte reste les États-membres. Ce qu’il ne voulait pas, c’est qu’un organisme comme la Commission, formée de gens de tous les pays et qui renoncent à être les représentants de leur pays pour n’être plus que des représentants d’eux-mêmes, devienne le gouvernement européen. C’était déjà une tendance, au moment où je siégeais au Parlement européen, et c’est elle qui, d’ailleurs, a fait rejeter le plan Fouchet. Les Allemands voulaient appliquer à l’Europe leur propre Constitution : que le Parlement européen devienne le Bundestag, que la Commission devienne le gouvernement fédéral et que le Conseil des ministres soit réduit au Bundesrat, la deuxième chambre qui n’est pas impuissante mais qui ne gouverne pas. Tant que, dans les institutions européennes, le Conseil européen reste l’institution clé, l’institution dominante, je pense, pour ma part, que le général de Gaulle aurait aimé cette Europe qui se donnerait comme objectif d’être une puissance indépendante, technologique, pacifique, non hégémonique et solidaire. 

Alors moi, je suis gaulliste, j’ai voté «oui». Je ne dirai jamais que le général de Gaulle aurait voté «oui» ; mais je n’admets pas non plus qu’on me dise que le général de Gaulle aurait voté «non». Il y a là une liberté d’appréciation, «les choses étant ce qu’elles sont», et comme je vous l’ai dit, le gaullisme est un empirisme à principes, vous avez les principes, mais vous avez également l’empirisme. 

DE GAULLE, UNE VISION DE LA SOCIÉTÉ

Ce que je reproche à Mitterrand, entre autres chose, c’est d’avoir ressuscité le clivage droite-gauche. Le gaullisme aussi bien politiquement que socialement doit transcender cette opposition. Bien entendu à partir du moment où vous avez des gens qui s’appellent «la gauche», qui se gargarisent de «la gauche», pour qui «la gauche» est un monde, un univers ! (Je pense à tel animateur de télévision sur LCI, le soir vers 18h30, on dirait vraiment qu’il ne pense qu’à la gauche. Les débats sont entre ceux qui composent la gauche, c’est son univers, un univers complètement flou. Si vous ne l’avez pas reconnu, il s’agit de Michel Field). 

Alors, en face de cette conception de «la gauche», il y a la «non-gauche», c’est le refus du marxisme, qu’il soit authentique ou délayé, de la dictature syndicale, du pouvoir de la rue. Au fond, pour nous, c’est la grande leçon du 30 mai 1968. Je suppose qu’il y en a un certain nombre d’entre vous qui étiez sur les Champs-Élysées le 30 mai 1968, qui ont entendu l’appel du général de Gaulle et qui se sont précipités dans la rue ; nous scandions : «Nous sommes un million !» pour répondre à la tentative de subversion qu’avait tentée ce qu’on appelle la gauche. Pour nous la non-gauche, c’est ce qui tend à la liberté et notamment à la liberté dans l’entreprise, mais aussi bien celle des employeurs que celle des employés. Je ne reviendrai pas sur le thème de la participation, qui a été traité parfaitement par Jacques Godfrain, lequel connaît admirablement son sujet. 

Le gaullisme, ce n’est pas le conservatisme. C’est l’audace pour dépasser la lutte des classes et opérer le rassemblement des énergies et il faut prendre en compte, le général de Gaulle a pris en compte, la modernité. Le général de Gaulle avait initié, Georges Pompidou avait commencé à mettre sur pied le «plan calcul», qui devait nous donner la technologie de l’ordinateur. Giscard d’Estaing a cru devoir y mettre fin, c’est bien dommage pour lui, mais surtout c’est bien dommage pour nous et pour la France. «De Gaulle, l’homme d’avant-hier et l’homme d’après-demain». C’est l’homme qui tient les deux bouts de la chaîne, entre le passé qui a construit la France et l’avenir où il faut qu’elle se développe dans l’harmonie et non pas dans l’opposition des classes. Et c’est ce à quoi, je pense, nous devons essayer de concourir les uns et les autres. 

QUELQUES CITATIONS DU GÉNÉRAL DE GAULLE

Alors, pour conclure, reprenons quelques citations du général de Gaulle :

Celle du 9 septembre 1968, d’abord: «Le gaullisme qui est une entreprise qui a le service de la France pour raison d’être, pour loi et pour effort. Le gaullisme qui est l’élan de notre pays une fois de plus ranimé vers un degré de rayonnement, de puissance et d’influence, répondant à sa vocation humaine au milieu de l’humanité». 

Mais, je voudrais terminer par une confidence ; je suis sûr que vous comprendrez son importance pour moi. J’ai dans ma bibliothèque, daté du 8 octobre 1970, (le général est mort le 9 novembre), le premier volume des «Mémoires d’espoir» sur lequel est écrit d’une écriture que je connais bien : «Pour Michel Habib-Deloncle, en témoignage de ma fidèle amitié». C’est là que je cherche ce que le général de Gaulle a à nous dire. 

Ce qu’il nous dit à la fin du deuxième tome des «Mémoires d’espoir», le tome posthume, c’est une leçon pour tous nos hommes politiques qui veulent devenir des hommes d’Etat : «Comment n’aurais-je pas appris que ce qui est salutaire à la Nation ne va pas sans blâmes dans l’opinion ni sans pertes dans l’élection». 

À la fin du premier tome de ces «Mémoires d’espoir», il parle de la France : «Je n’ai à lui montrer d’autre but que la cime, d’autre route que celle de l’effort». Il disait aussi «aller vers les sommets élevés, ce sont ceux qui sont les moins encombrés». Regardez vers le haut mes amis, regardez vers le haut ! 

Regardez la France comme une grande France, comme une France qui a des devoirs vis-à-vis de l’humanité, comme une France qui n’est pas isolée, qui n’est pas une citadelle, qui est ouverte, mais qui doit être dirigée, qui doit être gouvernée, pour le bien de son peuple. C’est là, je crois, le gaullisme d’aujourd’hui et de demain.

journal du MIL n°378 de juillet-août 2018

Monument aux martyrs de la résistance du sud-ouest et appel du 18 juin 1940

Le Monument aux martyrs de la Résistance du Sud-Ouest dit «mémorial de la ferme de Richemont» est situé au sud-ouest de la ville de Saucats en Gironde (33). En juin 1944, un groupe de FFI (Forces françaises de l’intérieur), formé de jeunes gens entre 17 et 23 ans, se replie dans une ferme abandonnée au lieu-dit de Richemont. Ils sont attaqués le 14 juillet par les membres de la Gestapo allemande et la Milice française. La ferme est détruite et presque tous les maquisards sont tués. 
En 1946, il est décidé d’ériger un monument du souvenir dédié, au-delà même des jeunes gens de Saucats, à tous les résistants du Sud-Ouest. Les travaux commencent en 1948 et le monument est inauguré sur les ruines de la ferme de Richemont en 1953. Il s’agit d’un obélisque de 35 m de hauteur, dont chaque face est décorée d’une sculpture, d’une hauteur de près de huit mètres chacune, symbolisant : la Foi, le Courage, le Sacrifice et la Victoire. 
La ferme est figurée par quelques pierres, originaires de la ferme, en moellons jointés et blanchis formant un muret, un linteau de porte basse et ses deux montants sur lesquels des inscriptions rappellent les événements tragiques : 
Sur la face extérieure de la porte, on lit : -à gauche : «Le 14 juillet 1944, en ce lieu-même dans la ferme de Richemont où ils avaient constitué une école de cadres au service de la Résistance française, 13 jeunes hommes appartenant à l’élite intellectuelle de la nation» 
                                                                         -à droite : «tombent sous les balles ennemies après 3 heures d’un combat héroïque et inégal. C’est pour rappeler leur sacrifice et celui de tous ceux qui sont tombés pour la même cause que ce mémorial a été élevé». Sur l’autre face, sont inscrits les noms des jeunes victimes : -Lucien Anère, Jean-Pierre Bouron, Jean-Claude Bruneau, Guy Célérier, Daniel Dietlin, Jacques Glotz, Christian Huault, Roger Hurteau, François Mossé, Michel Picon, Jacques Rouin, Roger Sabaté, André Taillefer. 
Chaque année, la délégation départementale Gironde du Mouvement Initiative et Liberté (MIL) organise une cérémonie en mémoire des martyrs de la Résistance du Sud-Ouest et de l’Appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940. Cette année elle a eu lieu le 24 juin 2018. Nous vous présentons deux discours prononcés durant cette journée.


 Discours d’Yves FOULON, ancien député

Je vous salue tous et salue ceux qui viennent de plus loin, Maïder Arosteguy, conseillère municipale de Biarritz et conseillère départementale des Pyrénées-Atlantiques. Tout d’abord, je veux féliciter le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) et Claude Durrieu, délégué départemental, une pensée également pour toute son équipe qui fait un travail remarquable, une pensée aussi pour Dominique Pionat qui nous a quittés et qui a tant œuvré pour ce mouvement. 
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) est très important parce que c’est un mouvement généreux, efficace qui donne tout au long de l’année de son temps pour faire vivre nos mouvements politiques et particulièrement aujourd’hui avec cet appel du 18 juin, il nous a offert un moment d’émotion incomparable rappelant ses valeurs de liberté et de résistance incarnées par le général de Gaulle. Quand on arrive en voiture sur ce lieu symbolique qu’est la ferme Richemont avec ses drapeaux, ses images du général de Gaulle, on est fier d’être là aujourd’hui pour incarner ce qu’est la résistance et ce qu’est la liberté. Puis, au-delà de ce moment d’émotion à la lecture du message du général de Gaulle qui a 78 ans et que l’on connaît tous les uns et les autres par cœur, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) étant un peu ce gardien du temple gaulliste, ça m’a fait penser à ce que l’on pouvait vivre sur le plan politique. Quand le général de Gaulle nous donne les raisons du message qu’il a adressé aux Français à l’époque depuis Londres, il cite l’honneur. Est-ce que ce n’est pas aujourd’hui un honneur pour nous de défendre nos convictions en 2020, en 2017, en 2018 ? Je crois que c’est un honneur à nous de défendre nos convictions et le général de gaulle nous le rappelait il y a 78 ans. Quand il nous parle du bon sens, est-ce qu’on n’a pas à avoir du bon sens aujourd’hui de savoir que nous sommes une force importante dans le paysage politique français ? Les Républicains ont certainement chuté comme tous les mouvements mais nous sommes encore extrêmement nombreux et il faut qu’on ait du bon sens pour être conscient que si on se mobilise, on peut remporter les batailles qui s’annoncent. Et enfin, «l’intérêt supérieur de la France», disait-il, il y a 78 ans. Est-ce que la France aujourd’hui va bien ? Je ne le crois pas. Est-ce qu’elle ira mieux en 2022 quand Emmanuel Macron rendra les clés du pays ? Je ne le crois pas non plus. L’intérêt supérieur de la France, c’est de nous mobiliser dès maintenant pour faire en sorte que ça change. Notre pays est souvent enfumé par ce qu’on entend à la télévision, dans la presse, à la radio. Le chômage est toujours là malheureusement, le pouvoir d’achat a diminué. L’essence et le tabac n’ont jamais été aussi fortement taxés. On nous annonce la diminution des APL. Les impôts ont augmenté. La CSG a aussi frappé durement nos anciens. 
Alors, on a toujours ces points de désaccord fondamentaux avec le gouvernement et le président de la République. On les a exposés en 2017, les Français ne nous ont pas crus. Et nos propositions sont toujours là. 
Oui, il faut réduire nos dépenses publiques permettant d’avoir plus de capacité d’investissement pour tous les Français. Rien n’est fait en ce sens. 
Oui, il faut baisser drastiquement les impôts. 
Oui, il faut mieux lutter contre la délinquance en augmentant le nombre et les moyens donnés à nos forces de l’ordre. 
Oui, nous avons un problème avec l’immigration. Il faut des quotas d’entrée sur le territoire et expulser les étrangers en situation irrégulière. Il faut lutter contre le terrorisme islamiste avec la déchéance de nationalité, l’expulsion des fichés «S», la rétention des Français fichés «S». Nous avons aujourd’hui 450 radicalisés qui vont sortir de prison dans un an sans que personne ne nous dise ce que l’on va en faire. Ce sont encore des bombes à retardement qui vont encore une fois faire du mal à nos concitoyens. Ces points de désaccord sont toujours présents. 
Alors, pour mettre en œuvre nos propositions, il nous faut gagner les élections futures. Et pour gagner les élections futures, il faut un mouvement politique, le nôtre, Les Républicains, qui soit fort, qui soit uni et là notre responsabilité est devant nous. Il faut reconstruire notre mouvement. Vous savez, il y a à peine un an, c’était le 18 juin, on est aujourd’hui le 24 juin, nous avons perdu l’élection présidentielle et les élections législatives. Face à cette situation, trois solutions se proposaient à nous. La première, c’était de partir, de ne plus rien faire. Beaucoup d’entre nous, de nos militants et beaucoup d’élus ont choisi de ne plus adhérer à notre mouvement politique et de ne plus incarner une formation politique. C’est leur choix, ils l’ont fait en conscience. À nous de leur dire les moyens de revenir dans notre mouvement. D’autres sont partis chez l’adversaire : le premier Ministre, Edouard Philippe, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire et un certain nombre de nos amis ont rejoint les rangs d’En Marche. Puis, il y a ceux qui sont là aujourd’hui autour de Claude, autour d’Yves et qui ont choisi de rester dans notre mouvement et de lui donner les moyens de la reconstruction et ceux de la reconquête. C’est la solution que nous avons ici choisie tous ensemble. On veut un mouvement fort, on doit travailler à sa reconstruction parce que c’est utile pour le pays. J’ai entendu ce matin Jean-Pierre Raffarin dans le Journal du Dimanche dire qu’il préférait un parti de projets qu’un parti de tracts. Mais ce tract qui a été fait ne dit-il pas ce qu’on a sur le cœur ? Aujourd’hui la France ne sera plus la même si on laisse faire. Un tract, quelque fois, ça permet de faire un projet. Alors je dis à nos amis, qui étaient avec nous jusqu’à maintenant et qui ne le sont plus, si vous voulez du bien à ce mouvement que vous avez incarné pendant des décennies, quittez-le, c’est votre choix, mais laissez-nous le reconstruire. Arrêtez de nous diviser, arrêtez de créer des polémiques. Si vous ne voulez pas travailler à nos côtés, laissez-nous faire le job tous ensemble et on reconstruira notre mouvement. C’est Laurent Wauquiez, notre président, qui a décidé de faire le choix de la reconstruction. Il a été élu avec plus de 70 % des voix des militants de la France entière et en Gironde particulièrement. Il m’a nommé au bureau politique national. Il a un projet très simple qui est en deux parties et qu’il est en train petit à petit de construire. Fabriquer avec vous un projet qui est un projet alternatif à la politique menée pour pouvoir convaincre à nouveau les Français de nous faire confiance et représenter cette alternative au pays. Et son deuxième projet, au-delà de la rédaction de ce corpus idéologique que l’on a porté ensemble, c’est de gagner les élections futures les plus proches. Les élections européennes se tiendront dans un an. Mais celles qui comptent le plus ce sont les élections présidentielle et législatives de 2022. Voilà la volonté de notre président de notre mouvement. C’est construire un projet avec nous, avec vous. C’est le porter auprès des Français. Et c’est gagner les échéances nationales qui s’annoncent. 

En Gironde précisément, nous avons un constat partagé. Notre mouvement va mal, il est sans dynamique et ne permet pas à nos militants de se mobiliser, d’avoir envie de participer, d’avoir envie d’aller à la rencontre de populations, de convaincre. Nous devons, nous aussi, à notre échelle, reconstruire ce mouvement. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’être candidat à la présidence des LR en Gironde parce que je veux rassembler et parce que je crois que c’est possible avec ceux qui sont de bonne volonté et qui ont envie encore une fois de partager ce projet commun de reconstruire. Nous devons nous retrouver autour de notre expérience. Je ne suis ni du monde urbain, ni du monde rural. J’ai une expérience politique de plusieurs années. Je crois que je peux être utile à notre mouvement et je veux rassembler notre famille politique. 

La seconde raison de ma candidature, c’est l’animation. On a besoin de se retrouver, d’échanger, de discuter, d’avoir un avis sur l’avenir de notre mouvement. En un mot : que la parole soit donnée aux militants qui doivent incarner un projet en Gironde. Et je veux avec vous, donner la parole aux militants pour que chacun puisse s’exprimer, dire et non pas se diviser, se quereller, mais se rassembler autour d’un projet commun. 

Et enfin, la troisième raison, ne perdons pas de vue ce qui nous attend. Quand on aura atteint dans un premier temps l’objectif de reconstruction du mouvement, il nous faudra gagner les élections en Gironde. On en a gagné quelques-unes mais on en a perdu d’autres. Il y a 540 communes en Gironde, il y a des cantons à reconquérir, il y a des places en région où nous devons être plus nombreux. Autant les Européennes, on va être prisonnier d’un mouvement politique national, autant chez nous, je veux que notre mouvement en Gironde ait un avis sur les élections municipales, un avis sur les élections cantonales, un avis sur les élections régionales. Nous devons tous ensemble nous mobiliser. Si nous ne le faisons pas, qui le fera à notre place ? Est-ce que notre responsabilité c’est de regarder le pays se déliter, faire en sorte qu’on soit sans solutions par rapport à la détresse que rencontre un certain nombre de nos concitoyens ? C’est à nous de nous mobiliser pour faire gagner notre pays. 

Moi je veux proposer une politique basée sur la fierté de notre identité française, sur la fierté de nos valeurs chrétiennes. Il faut proposer une politique basée sur le respect, l’autorité, la méritocratie, la fermeté et l’action. C’est ce que nous allons proposer en Gironde. Je suis à votre disposition et vraiment accompagnez-nous parce que ce mouvement vaut le coup. Vivement le 14 octobre pour que dès le 15 on soit tous réunis, rassemblés, forts, dynamiques et qu’on gagne les futures échéances. 
Vive la République ! Vive la France ! 
Et vive le MIL !


Discours d’Yves d’AMÉCOURT, conseiller régional


Chers Collègues élus, Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Permettez-moi de remercier de leur présence : Yves Foulon, Maire d’Arcachon, Membre du Bureau politique Les Républicains, ancien député de la Gironde. Lorsque j’entends Yves, je suis fier de lui avoir suggéré d’être candidat à la présidence des Républicains de la Gironde, je suis heureux de le soutenir aujourd’hui ; Eddie Puyjalon, conseiller régional CPNT, président National de CPNT ; Marie-Angélique Latournerie, conseillère municipale de Langon, conseillère régionale Les Républicains ; Bernard Lummeaux, adjoint au maire d’Arcachon, conseiller régional Les Républicains ; Maïder Arosteguy, conseillère municipale de Biarritz, conseillère départementale des Pyrénées Atlan-tiques ; Jean Gougy, député honoraire des Pyrénées-Atlantiques, militant gaulliste de la 1ère heure ! Merci de l’applaudir !
Et tous les élus locaux de la Nouvelle-Aquitaine qui nous font l’honneur de leur présence aujourd’hui à Richemont.
Enfin, je vous demande d’excuser Florence Lassarade, conseillère municipale de Saint-Macaire, sé-natrice Les Républicains de la Gironde. Florence est de garde aujourdhui à l’hôpital de Langon et Marc OXIBAR, conseiller Municipal d’Ogeu les bains, conseiller régional Les Républicains de la Nouvelle-Aquitaine, membre du Bureau politique Les Républicains. Marc Oxibar est aujourd’hui blo-qué chez lui pour des raisons de santé.
Merci à toutes et à tous, d’être ici aujourd’hui… pour honorer la mémoire d’un homme, et plus encore, la mémoire des hommes qui, à côté de lui, puis avec lui, ont dit «non», le 18 juin 1940, et dans les jours et les années qui suivirent…
Le général de Gaulle, les résistants de la première heure, et ceux qui de plus en plus nombreux, au fil des annonces de «Radio Londres», se sont engagés dans les résistances, dans la résistance.
Les 80 parlementaires qui ont dit «non» le 10 juillet 1940. Les 1038 «compagnons de la libération» – ils ne sont plus que 5 aujourd’hui – ayons une pensée pour Yves de Daruvar, Constant Engels, Victor Desmet, disparus en 2018.
Les milliers de Français qui ont bravé l’interdit. Les milliers de Françaises et de Français qui ont mené des actions petites ou grandes, qui ont abouti, in fine, à détrôner le monstre qui occupait notre pays, les âmes, les esprits.
Ceux qui, ici et ailleurs, ont abrité dans leur foyer des familles, des enfants, des citoyens opprimés, parce qu’ils étaient juifs, tziganes, gitans, aristocrates, parce qu’ils étaient homosexuels.
A la date du 16 mai 1940, dans ses «Mémoires de guerre» Charles de Gaulle écrit : «Alors au spectacle de ce peuple éperdu et de cette déroute militaire, au récit de cette insolence méprisante de l’adversaire, je me sens soulevé d’une fureur sans borne. La guerre commence infiniment mal. Il faut donc qu’elle continue. Il y a pour cela de l’espace dans le monde. Si je vis, je me battrai où il faudra, tant qu’il faudra, jusqu’à ce que l’ennemi soit défait et lavée la tache nationale. Ce que j’ai pu faire par la suite, c’est ce jour-là que je l’ai résolu.»
A la même période d’autres Français, qui avaient la confiance du peuple, choisissaient une autre voie : celle de la collaboration. Je pense au Maréchal Pétain, aux socialistes Pierre Laval et Adrien Marquet.
Ce dernier, maire de Bordeaux, était devenu ministre de l’Intérieur dans le gouvernement du Maréchal Pétain. Lors de son procès devant la Haute Cour de justice, tenu sous la présidence de Louis Noguères à partir de fin 1947, Adrien Marquet mettra notamment en avant le fait qu’il a permis d’éviter, avec sa municipalité, une importante explosion qui visait des ponts, des bâtiments publics bordelais. Il dira qu’il a fait tout cela pour «protéger les intérêts de Bordeaux et des Bordelais». La valise personnelle d’Adrien Marquet a été remise en juin 2013 aux archives départementales de la Gironde afin que les chercheurs et les historiens puissent écrire l’histoire.
L’Aquitaine garde le souvenir de cette période coupée en deux par la ligne de démarcation et où les actions de résistance et de solidarité se multipliaient de part et d’autre.
Nos familles se souviennent… Des actes de bravoures des passeurs, de ceux qu’on a assassinés. Ici, à Richemont, en juin 1944, un groupe de FFI (Forces françaises de l’intérieur), formé de jeunes gens entre 17 et 23 ans, se replie dans cette ferme abandonnée. Ils sont attaqués le 14 juillet par les membres de la Gestapo allemande et la Milice française. La ferme est détruite et presque tous les maquisards sont tués.

Merci au Mouvement Initiative et Liberté (MIL) d’organiser, ici, à Richemont, chaque année, la commémoration de l’Appel du 18 juin.

Merci aux jeunes qui ont participé à cette commémoration, prêtant leur visage et leur âme, aux 23 martyrs de Richemont.

C’est dans des manifestations comme celle-ci que le souvenir s’enracine.

Aujourd’hui, nous honorons les martyrs de la résistance et de la déportation, les victimes civiles et militaires, les héros de guerre et leur famille, toutes celles et tous ceux qui, ici et ailleurs, ont contribué à la victoire sur la barbarie, tout ceux qui ont permis que cette victoire ne se fasse pas au détriment de la nation française, tout ceux qui ont permis, avec le général de Gaulle, avec Jean Moulin, avec le Conseil National de la Résistance, avec les Compagnons de la Libération, que la France, à la fin des combats, soit assise à la table des négociations, qu’elle reste une et indivisible, et que la France pourtant partagée, taraudée, divisée, la France «libre» et la France «occupée», la France meurtrie mais la France, grandie et fière du devoir accompli, se relève, une et indivisible.

La nation faisait sienne cette citation du Général : «Le destin d’une nation se gagne chaque jour contre les causes internes et externes de destruction».
Fred Moore, Chancelier de l’Ordre des Compagnons de la Libération aujourd’hui décédé, dans un bulletin du 15 juin 2013, s’adresse ainsi aux descendants des «Compagnons de la Libération» disparus : «Je veux m’adresser ici aux descendants des compagnons disparus et, plus particulièrement, ceux de la 3ème et de la 4ème génération, non pour leur demander de ne pas oublier l’héroïsme et les sacrifices de ceux qui leur ont permis de vivre libres – je sais qu’il ne les oublieront jamais – mais pour qu’à leur tour, ils aient à cœur de faire vivre les valeurs fondatrices des Compagnons de la Libération, de mettre en œuvre toute leur énergie pour leur donner un contenu concret, avant de les transmettre à leur tour. La France Libre ne fut pas une parenthèse qui s’est refermée avec la victoire des alliés sur le nazisme. Elle fut avant tout un prodigieux effort pour préserver ce que le Général, dans son magnifique discours d’Oxford le 25 novembre 1941, appelait «l’ordre du monde», qui est l’autre nom de la civilisation.

La France Libre est aujourd’hui un héritage qu’il importe de ne pas laisser en jachère. Cet héritage, les plus jeunes d’entre nous, en seront bientôt les seuls dépositaires !»
Mes chers amis, nous sommes les dépositaires de ce que le Général appelait «l’ordre du monde» : l’autre nom de la civilisation ! Être gaulliste, ce n’est pas adhérer à une idéologie mais se battre pour des idéaux. Être gaulliste, c’est placer l’intérêt de la France au-dessus de toutes les doctrines.
Être gaulliste, c’est rassembler notre peuple en tirant vers le haut le meilleur de son âme et non en flattant ses sombres penchants.
Être gaulliste, c’est vouloir servir son pays et pas tout attendre de lui.
Être gaulliste, c’est comprendre qu’il n’y a pas de redressement collectif sans engagement individuel.
Être gaulliste, chers amis, c’est être un militant de la France.
La «France Libre» ne fut pas une parenthèse. La «France libre» c’est aujourd’hui qu’il nous faut poursuivre sa construction. Merci à toutes et à tous !
Vive la République ! Vive la France !

Journal du MIL n°378 de juillet_août 2018

Deux piliers de l’esprit gaulliste : Récompense du mérite et politique sociale

L’affrontement idéologique entre les partisans d’un gaullisme social et ceux d’une social-démocratie libertaire (Macron) monte encore d’un cran après les annonces de Macron devant le Congrès du 9 juillet. Le fossé se creuse de plus en plus.
La politique menée par Macron, depuis plus d’un an, dessine un tableau assez complet de l’orientation qu’il tente de prendre sur le quinquennat. Elle est pour l’instant marquée par une série d’échecs et de recul (par exemple baisse du nombre des fonctionnaires non engagée, diminution de la construction de places de prison, etc.). De plus, des menaces graves apparaissent sur le plan social où il annonce un projet de réduction des aides pour une part des bénéficiaires actuels (ciblage pour réduction des aides). Un homme qui décide de baisser le montant des APL de 5 euros pour boucler ses fins de mois est capable de tout, car cette mesure traduit qu’il ne comprend pas le fond de la réalité sociale. Les derniers propos de Macron contre le trop haut niveau des aides sociales («trop de pognon») illustre la vision technocratique et hors sol de l’inspection des finances, qui reste la sienne.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) affirme que le mérite et le travail doivent être
dignement récompensés, à tous les niveaux, de manière suffisante, mais que, parallèlement, les politiques sociales restent l’un des fondements de la Vème République.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) reste profondément attaché au principe des régimes sociaux mis en place par le général de Gaulle dès la Libération, quitte à moderniser certains aspects. Pour défendre ces régimes sociaux, il faut veiller à leur équilibre budgétaire de manière structurelle. Ceci n’a pas été fait. Pour y parvenir, il faut lutter contre la fraude, contre le versement de sommes indues et fixer des cotisations et des taux d’aide, etc. Faute d’une gestion plus rigoureuse, la dette des régimes sociaux
continuera à augmenter. Il faut les sauver et les conserver.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) réaffirme son attachement au principe de la relation entre cotisations des gens (dont les salariés) et assurance sociale au sens large. Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que la suppression des cotisations combinée à l’augmentation de la CSG (et son élargissement aux retraités) constitue une manipulation inacceptable qui conduit à la déconnexion entre travail et assurance chômage. L’objectif initial de Macron : l’universalité pour tous les travailleurs de
l’assurance chômage n’a pas été atteint, loin de là (peu de démissionnaires et peu de travailleurs indépendants en bénéficieront). Une impression d’amateurisme et de légèreté domine notamment, illustré par la suppression de la taxe d’habitation décidée sans qu’une compensation budgétaire soit prévue, dès l’origine, pour les collectivités locales.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) pense que la refondation de la politique sociale va devenir une priorité de la prochaine alternance politique et le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) sera présent, aussi, sur cette question prioritaire.
Enfin, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) déplore qu’une part des électeurs de la «droite libérale et centriste», peu informée, applaudisse bêtement aux mesures mises en place ou programmées par Macron. Cet électorat va rapidement être déçu par beaucoup d’autres mesures politiques et fiscales, en particulier celle touchant à la propriété ou la mise sous condition de ressources de mesures comme les APL pour les étudiants. Les récents propos du centriste Jean-Louis Borloo, soutien initial de Macron, contre la
politique sociale du président constituent un puissant révélateur d’un début de prise de conscience de l’opinion.

Communication du Mil, 18 juillet 2018

Affaire Benalla : un scandale d’Etat !

Chère Madame, Cher Monsieur, Chers Amis,

Nous avons tous appris, avec la plus grande consternation, les révélations du journal Le Monde parues ce mercredi soir.

Le « policier » qui a été filmé alors qu’il frappait violemment plusieurs manifestants le 1er mai dernier sur la place de la Contrescarpe à Paris était en réalité un proche collaborateur d’Emmanuel Macron, employé par l’Elysée ! 

Il n’avait aucune légitimité ni aucune autorisation légale pour intervenir dans une opération de maintien de l’ordre et encore moins pour user d’une telle violence à l’encontre de jeunes manifestants.

Depuis, les révélations s’enchainent et nous découvrons avec stupeur que cette affaire est en réalité un véritable scandale d’Etat ! 

Le Ministre de l’Intérieur lui-même semble avoir été mis au courant de ce grave dérapage dès le début du mois de mai.

Malgré la gravité des faits, M. Benalla n’a pourtant écopé que d’une mise à pied de 15 jours le 3 mai dernier et d’un « changement d’affectation ».

Pourtant, de nombreuses photos prouvent que M. Benalla a continué à travailler au service de la sécurité de la Présidence de la République et était présent, à ce titre, lors de l’entrée de Simone et Antoine Veil au Panthéon ou du défilé de l’équipe de France sur les Champs-Elysées !

On a également appris que M. Benalla, en sus d’être logé dans une dépendance de l’Elysée située sur le quai Branly, s’était vu attribué une voiture de fonction avec un gyrophare !

Cette affaire gravissime pose de nombreuses questions : 

– Pourquoi, face à tels agissements, M. Benalla n’a t-il pas été licencié immédiatement ?

– Le Président de la République et le Ministre de l’Intérieur étaient-ils au courant de ces agissements? Ont ils tenté d’étouffer cette affaire ?

Pour obtenir la vérité, une Commission d’enquête parlementaire a été ouverte ainsi qu’une enquête préliminaire par la Justice à l’encontre d’Alexandre Benalla, qui est aujourd’hui en garde à vue au sein de la Police Judiciaire.

L’affaire « Alexandre Benalla » ne fait donc que commencer mais, déjà, notre Démocratie semble gravement affaiblie par ces révélations.

Il ne peut exister de « milices » dans notre République ! 

Soutenez-nous pour dénoncer cette odieuse affaire et faire éclater la vérité ! 

Guillaume PELTIER, Vice-Président des Républicains

Fiers d’être français !

Chère Madame, Cher Monsieur, Chers Amis,

Nous avons eu le bonheur de vivre la magnifique victoire de l’équipe de France ce dimanche en finale de la coupe du monde de football ! Un titre et une fête qui dépassent largement le cercle des amateurs de ballon rond et qui nous donne à voir une France unie et joyeuse, une France qui, une fois de plus, a étonné le monde !

Nos joueurs et le sélectionneur, Didier Deschamps, ont fait preuve d’un talent et d’un courage hors normes en s’affranchissant des critiques, parfois acerbes, pour rapporter un trophée que les Français attendaient depuis 20 ans. Nous sommes fiers d’eux comme nous sommes heureux de voir cette foule innombrable dans les rues avec notre beau drapeau bleu-blanc-rouge à la main !

Nous sommes malheureusement un peu moins fiers du comportement de certains délinquants qui n’ont pas hésité à gâcher la fête en s’en prenant au mobilier urbain, en pillant des magasins ou en brûlant des voitures et des arrêts de bus.

Ces comportements inadmissibles sont intolérables ! Il est incroyable que nous ne soyons plus capables, en France, d’organiser des rassemblements sans qu’il n’y ait d’incidents ou de casse ! 

Les services de Police, auxquels nous devons rendre hommage, ont interpellé près de 300 personnes dans la nuit de dimanche à lundi. Nous espérons maintenant que la Justice sera implacable face à ceux qui expriment haine et violence alors que nous devrions tous être rassemblés dans la fête ! 

Loin de l’hyper-communication exprimée par Emmanuel Macron autour de cette victoire, je souhaite que nous puissions tirer les leçons de ces graves incidents pour qu’ils ne puissent plus jamais se reproduire.

Pour cela, deux ingrédients sont nécessaires : de la lucidité, contrairement à ceux qui ferment les yeux sur de tels agissements, et du courage politique, contrairement à ceux qui n’osent rien faire.

Vous pouvez compter sur moi pour réunir ces deux conditions à l’Assemblée nationale et faire changer les choses.

Vive l’équipe de France et vive la France !

Guillaume PELTIER, Vice-Président Les Républicains

Un congrès pour rien

Chère Madame, Cher Monsieur, Chers Amis,

Le Président de la République s’est exprimé, ce lundi, devant le Parlement réuni en congrès à Versailles. Malgré plus de 90 minutes d’un discours gorgé d’autosatisfaction, aucune annonce précise ou concrète n’a été faite.

Une fois de plus, Emmanuel Macron nous a donc offert, aux frais du contribuable, une grande opération de communication pour masquer son terrible bilan en termes de baisse du pouvoir d’achat, d’augmentation des impôts, d’explosion de l’immigration et d’abandon des territoires ruraux et péri-urbains. Par exemple, sur la fiscalité, ce sont désormais 10 milliards d’euros de nouveaux impôts créés par Emmanuel Macron et son gouvernement depuis un an pour les retraités, les classes moyennes et désormais les artisans et les entrepreneurs. En effet, l’absurde réforme du prélèvement à la source va coûter près d’un milliard d’euros aux petites entreprises françaises.

Notre mission, celle de la droite française, est donc désormais de dénoncer cette mascarade qui n’a que trop duré et de proposer aux Français une nouvelle vision pour notre pays : une France qui se redonne à aimer, qui protège les plus faibles et récompense les audacieux.

Vous pouvez compter sur mon engagement total pour y arriver !

Guillaume PELTIER, Vice-Président Les Républicains