Macron démarre sa campagne pour l’Europe fédérale

 Le 16 octobre, Macron a lancé la campagne européenne de 2019. «Je crois dans ce projet que je veux porter en Europe. Et c’est pour cela que je souhaite aussi le rassemblement le plus large.» 

Macron a décrit la situation avec gravité. Il s’est positionné lui-même, modestement, comme «La solution», pour la France et l’Europe, face aux problèmes du moment. Il affirme que : «Le monde se fracture, de nouveaux désordres apparaissent et l’Europe bascule presque partout vers les extrêmes et à nouveau cède aux nationalismes. Il faut que la France garde la maîtrise de son destin.» 

Les constats de Macron sont faux pour plusieurs raisons. D’une part, le monde ne change pas tant que cela, des rapports de force évoluent effectivement, mais à ce jour, il ne s’agit pas de désordres, mais de risques à anticiper, comme c’est l’usage. D’autre part, les équilibres politiques des pays de l’Union européenne changent, cela apparait assez normal dans des régimes démocratiques. La tendance générale semble être à la multiplication des forces politiques et à la sortie de situations de bipartisme. Cela crée une situation nouvelle qui devrait se traduire par une multiplication des groupes politiques au sein du parlement européen en 2019. Le parlement disposera d’une représentation plus composite. Les groupes socialistes (PSE) et démocrates-chrétiens (PPE) ne domineront plus mécaniquement l’assemblée européenne, comme cela a été le cas depuis des décennies. La ligne politique traditionnelle de l’Union européenne pourrait au minimum s’infléchir ou même changer en fonction des positions des gouvernements européens et du poids des groupes parlementaires. Enfin, quand Macron affirme que l’Europe bascule vers les extrêmes, il présente un tableau inexact. Certes des partis, ou coalitions, marxistes ont repris du poids comme en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en France (LFI, PCF…), mais sans présenter de menaces à leur stade de développement. Parallèlement, de nouveaux partis de droite ou d’extrême droite ont fait leur apparition comme notamment en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Suède. Certains participent au gouvernement, mais cela ne change pas fondamentalement les choses. Ces derniers partis défendent leurs intérêts nationaux. Mais ils n’ont, dans la pratique, aucun projet européen commun. Ils ne partagent que le refus d’une immigration illégale et la dénonciation de Bruxelles imposant une autorité supranationale (agissant dans le sens de la constitution d’une Europe fédérale). 

Cette question de la défense des frontières de l’Union vis-à-vis de l’immigration est partagée par des forces politiques de plus en plus larges, et même certains partis de gauche se sont clairement ralliés au principe du refus d’une immigration incontrôlée. 

Les partis fédéralistes européens refusent l’arrêt de l’immigration et défendent le principe d’une répartition des migrants par pays, selon la capacité supposée d’accueil de ceux-ci. C’est la position défendue par Macron et LREM. La loi «asile et immigration» adoptée, comporte certes un resserrement des procédures, mais elle ne permet pas de bloquer l’arrivée de migrants, ni d’expulser les candidats déboutés. Concrètement, le nombre de demandeurs d’asile croît, le nombre des acceptations de réfugiés augmente et, pour chaque bateau de trafic humain, Macron accepte l’accueil d’une part des migrants en France… 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que Macron vient de débuter sa campagne pour l’élection européenne. Le président a choisi une argumentation symbolique très éloignée de la réalité des problèmes. Il tente de jouer sur le thème du «rejet des extrêmes» en proposant une alternative entrant dans un registre connu : «c’est moi ou le chaos». Mais la logique de «front républicain», qui a joué lors de la présidentielle, ne fonctionnera pas pour le scrutin européen marqué par une élection nationale à la proportionnelle à un tour, avec un large choix de listes. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge que, pour cette élection, la droite républicaine doit mobiliser sur une nouvelle politique européenne à mettre en œuvre et contre l’Europe fédérale. 

Lire la Communication du MIL du 10 octobre 2018 – «MACRON – CHAMPION 2019 DE L’EUROPE FÉDÉRALE»

Le MIL, communication du 18 octobre 2018

Nous avons besoin pour l’Europe de personnalités qui rassemblent

Chers Amis,
Le Président des Républicains Laurent Wauquiez s’est rendu ce lundi 24 septembre 2018 à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel et aborder les questions d’immigration en Europe, les prochaines élections européennes et la situation politique en France et en Allemagne.
Au cours de cet échange chaleureux, Laurent Wauquiez a réaffirmé avec force son engagement en faveur d’une Europe unie et rassemblée :  » Le principal danger aujourd’hui, c’est d’ériger une Europe contre une autre, certains gouvernements contre d’autres, certains pays contre d’autres. Si on veut rebâtir l’Europe, nous avons besoin de personnalités qui rassemblent. »
Sur la protection des frontières, Laurent Wauquiez a rappelé son combat en faveur de la lutte contre l’immigration massive et la défense de nos entreprises françaises et européennes  » face au dumping chinois et au protectionnisme américain. »
Depuis son élection à la tête du parti les Républicains, Laurent Wauquiez rencontre régulièrement les dirigeants de droite en Europe car il souhaite maintenir le dialogue, même au plus fort des crises qui secouent l’Europe :  » L’Europe n’a jamais été autant menacée et pourtant nous avons plus que jamais besoin de l’Europe. C’est par le dialogue que nous renforcerons le projet européen que nos concitoyens espèrent. »
Merci de votre engagement à nos côtés.
À très bientôt,
L’équipe de la Droite Sociale

L’islamisme est une idéologie mondialisée

 «Les idéologies islamistes sont nées et se sont développées dans des pays et des contextes particuliers et ont transformé les sociétés qui les ont vues naître : Frères musulmans en Égypte, puis dans d’autres pays du monde arabe ; wahhabisme en Arabie saoudite ; turco-islamisme en Turquie ; révolution islamique en Iran.» – Rapport «La fabrique de l’islamisme». 

PLUSIEURS GRANDS PAYS DISPOSENT D’UN RÉGIME ISLAMISTE.

L’Arabie saoudite, pour laquelle le wahhabisme est «la mise en pratique du salafisme quiétiste, à l’échelle d’un État.» «L’islam est au fondement de l’État, la loi religieuse (charia) est le fondement juridique du pays. Plus qu’une religion, il incarne une alliance indissociable du politique et du religieux.» 

L’Iran s’intitule clairement comme la «République islamique d’Iran». «Tous les rouages de l’État sont sous le contrôle direct ou indirect d’un ayatollah (le Guide suprême)». Le rayonnement de son idéologie est limité aux pays et populations de confession musulmane chiites (Irak, Liban, Syrie, Yémen, etc.). 

La Turquie présente une variante turco-islamiste. Le parti AKP de Erdogan au pouvoir est un parti islamiste, mais avec un fort caractère nationaliste turc. C’est «la politique qui gouverne la religion en Turquie, les religieux sont au service de la politique gouvernementale». 

PAR CONTRE, L’ISLAMISME A ÉTÉ VAINCU DANS PLUSIEURS PAYS MUSULMANS.

L’Égypte, gouvernée un temps par les «Frères musulmans», a retrouvé un gouvernement anti-islamiste qui combat activement le terrorisme. La société des Frères musulmans a pour objectif initial de «promouvoir le retour à l’islam vrai au sein de la société». «La confrérie est d’abord sociale avant d’être politique, elle développe une importante présence associative sur le terrain afin de promouvoir la renaissance islamique». C’est un mouvement ancien (1928) et installé qui dispose de relais dans de nombreux pays arabes et en Europe. Rappelons que c’est une succursale des Frères musulmans qui a pris le pouvoir en Tunisie (à l’occasion des «printemps arabes» de 2011) avant de le perdre pour laisser la place à un gouvernement démocratique. 

Enfin, à partir de 2014, un État islamiste a été autoproclamé par le «groupe État islamique (GEI)», situé à cheval entre la Syrie et l’Irak au travers de la lutte armée. Il a été globalement écrasé après plusieurs années de guerre. La «restauration du califat» par le GEI illustrait la vision de l’idéologie islamiste sur la fusion entre pouvoir et religion. 

LA DIFFUSION DE L’ISLAMISME PART DE PAYS ET MOUVEMENTS ISLAMISTES ÉTRANGERS, CAR «L’ISLAMISME EST UNE IDÉOLOGIE MONDIALISÉE».

À partir des années 1960, l’islamisme «s’est étendu hors des régions où il est né pour se développer dans le reste du monde musulman puis dans tous les territoires où sont présents des musulmans, y compris en Occident. Plusieurs canaux ont servi de support à son expansion.» 

L’Arabie saoudite exporte le salafisme d’État saoudien. «L’Arabie saoudite exporte officiellement le wahhabisme depuis les années 1960. Elle le fait par le biais d’institutions théoriquement autonomes, mais qui se trouvent en réalité dans le giron des structures étatiques saoudiennes». «La volonté expansionniste de l’Arabie saoudite, soutenue par les financements issus d’exploitations pétrolières, reflète l’idéal panislamiste du gouvernement saoudien qui cherche à avoir le monopole sur l’islam, sur le discours comme sur les musulmans.» 

L’objectif des Frères musulmans repose sur un projet d’expansion. «En Europe, ils défendent des positions politiques et sociales qui doivent transcender les appartenances nationales d’origine.» «À partir des années 1980, ils s’emparent des problématiques des communautés musulmanes d’Europe, comme l’identité, l’éducation ou l’islamophobie. Ils mobilisent ensuite la communauté musulmane et constituent des réseaux, des associations et des fédérations générales ou sectorielles à différentes échelles, pour représenter cette communauté auprès des municipalités, des États européens ou de l’Union européenne.» 

Les Frères musulmans européens s’appuient sur un discours identitaire et proposent une forme de citoyenneté musulmane. «En France, l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) s’est progressivement imposé comme un acteur majeur autour de deux thèmes centraux : la lutte contre l’islamophobie et la question de la Palestine.» 

L’UOIF s’est renommé «Musulmans de France (MF)» en 2017. Comme toutes les structures liées aux Frères musulmans, elle est inscrite depuis 2014 sur la liste des groupes terroristes publiée par les Émirats arabes unis. 

La Turquie conserve un positionnement plus national. Les organisations religieuses turques ont pour objectif de maintenir le lien avec les communautés turques par le biais de la religion. «Cet encadrement est assuré par le département des Affaires étrangères de la Diyanet – institution émettant l’islam officiel – qui exerce un contrôle étroit des imams en Europe et du réseau Millî Görüs (mouvement politique) disposant d’un réseau dense de mosquées et d’associations dans les pays européens». 

On se rappellera la nécessité récente dans laquelle les pouvoirs publics ont dû interdire des manifestations politiques de l’AKP en France durant la campagne législative turque. 

Enfin, avec le temps, il existerait en France une prédication salafiste «nationale», qui semble échapper à l’Arabie saoudite. Elle concerne la pratique religieuse stricte jusqu’à l’appel au djihad, selon les acteurs locaux. Cette diffusion serait le fait d’une accumulation d’initiatives en France sans être directement contrôlée de l’étranger. Cette affirmation reste à confirmer. 

«Il n’existe aujourd’hui aucune organisation salafiste d’envergure en mesure de faire l’unité du mouvement.» «Le salafisme, sans être majoritaire, est le courant islamique le plus dynamique en Europe.» 

LA DIFFUSION DE L’ISLAMISME PROVIENT DE CES ÉTATS OU DES MOUVEMENTS ÉTRANGERS

Elle passe par des médias qui sont à la fois des livres, des cassettes, des chaînes de télévision par satellite, des sites internet et les réseaux sociaux. Ces derniers médias ont pris une importance clé pour une partie de la communauté musulmane en France, en particulier des jeunes. Cette propagande bénéficie du relais de certains imans étrangers, rémunérés par leur pays d’origine, et par de nombreux islamistes réfugiés en France (comme ceux accueillis à la fin de la guerre civile en Algérie), c’est-à-dire de migrants mal identifiés. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate qu’il existe un combat ancien, et toujours actuel, au sein de la plupart des pays à majorité musulmane, entre, d’un côté, des islamistes, de toutes tendances, et de l’autre des gouvernements démocratiques ou autoritaires. Les islamistes disposent déjà du pouvoir dans plusieurs pays. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) note que les origines de l’islamisme en France reposent sur une exportation idéologique par des pays et des mouvements étrangers. Ceux-ci ont la volonté d’exporter leur idéologie de manière mondialisée dans les pays musulmans, comme dans les autres pays. On peut dire qu’il s’agit d’un internationalisme provenant de plusieurs centres de diffusion (comme l’a été le communisme soviétique, chinois, etc.). 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que, d’une manière générale, l’intervention politique en France de pays étrangers porte atteinte à notre indépendance nationale et est donc inacceptable. Une limitation radicale des initiatives islamistes étrangères en France s’impose. Cet engagement se doit également d’avoir un volet réel et conséquent concernant la conduite de la diplomatie française à l’égard des pays islamistes, dont l’Arabie saoudite, l’Iran, la Turquie ou tout autre pays concerné. 

Le MIL, communication du 17 septembre 2018

Pour sauver l’Europe, il faut la refonder

Chers amis,

Aujourd’hui, c’est de l’Europe dont je veux vous parler, avec la clarté qu’imposent les sujets difficiles.

L’Europe traverse une des crises les plus profondes de son histoire et les faux semblants ne sont plus de mise.

Le paradoxe est terrible : face à une pression migratoire sans précédent, face au terrorisme islamiste, face à la concurrence des Etats Unis et de la Chine, nous n’avons jamais eu autant besoin de l’Europe et jamais l’Europe n’a été autant défaillante, incapable d’apporter des réponses efficaces.

Nous devons à tout pris sortir de cette crise. Il s’agit d’une question de vie ou de mort pour l’Europe : soit elle protégera, soit elle disparaîtra. Les élections européennes approches : elles auront lieu en mai prochain. C’est le moment ou jamais d’agir et de proposer un sursaut européen.

Parce que nous croyons en l’Europe, nous allons la sauver.

Nous aimons l’Europe ! Parce que nous l’aimons, parce que nous y croyons, parce que nous en avons besoin, nous devons regarder avec lucidité ses défaillances actuelles pour enfin avoir le courage d’y remédier.

Vous en conviendrez, il y a deux impasses qui sont aussi néfastes l’une que l’autre et conduisent inéluctablement à l’échec.

La première est celle des extrêmes qui consiste à prôner la sortie de l’Europe, l’abandon de l’euro, à choisir finalement l’isolement de la France. Ce projet-là est catastrophique, et pour la France et pour l’Europe.

La seconde consiste à tenir les mêmes discours qu’il y a trente ans, faits d’envolées lyriques, de mots creux, d’utopies fédéralistes et technocratiques. Elle propose toujours plus de ce qui ne marche pas : toujours plus de normes, de taxes et d’élargissement. C’est la voie proposée par Emmanuel Macron, de plus en plus coupé des réalités. C’est précisément cette voie qui a amené l’Europe là où elle est aujourd’hui : dans le mur.

J’ai la profonde conviction, et vous la partagerez j’en suis certain, que face à ces deux dangers, nous pouvons porter ensemble le projet d’une Europe réaliste, capable d’assumer à la fois sa mission de protection et d’être à l’offensive.

Ce projet, c’est le notre, celui des Républicains, celui d’une nouvelle droite unie et rassemblée sur l’Europe, n’en déplaise à ceux qui voudraient nous voir nous opposer au sein même de notre famille politique. Soyez-en assuré, nous sommes tous d’accord sur l’essentiel. Notre détermination pour dénoncer avec responsabilité les impasses de l’Europe est sans faille. Notre volonté de sauver l’Europe est inébranlable.

Parce que nous voulons sauver l’Europe, nous voulons la refonder.

Nous devons entendre les inquiétudes légitimes des peuples européens et répondre à un triple défi, migratoire, économique et civilisationnel.

Il faut d’abord rependre le contrôle des frontières. La crise migratoire que nous subissons est le révélateur de l’incapacité européenne actuelle à protéger. Or, la première mission de l’Europe est d’assurer la protection de ses peuples.

Concrètement, nous voulons que soit mise en place une force navale européenne pour contrôler la Méditerranée et reconduire systématiquement dans leurs ports de départ les embarcations de migrants. C’est le seul moyen d’éviter les catastrophes en mer et de neutraliser les filières mafieuses d’immigration clandestine.

Contrairement à ce que propose Emmanuel Macron, les demandes d’asile doivent être traitées en amont, en dehors de l’espace européen. Et il nous faut conditionner l’aide publique au développement à la coopération dans la lutte contre l’immigration illégale et au retour des sans-papiers dans leur pays d’origine : comment expliquer que la France ait accordé 350 millions d’euro d’aide au Mali alors qu’il n’a accepté de reprendre que 13 sans-papiers ? Pour nous, la réduction de l’immigration est un impératif. Toute autre politique que celle de la fermeté est une fausse générosité.

Il faut ensuite défendre notre économie, nos entreprises, nos emplois. La préférence communautaire était l’une des pierre angulaires de la construction européenne : nous devons la restaurer.

Défendons nos intérêts dans la compétition mondiale, exigeons la réciprocité dans notre politique commerciale, refusons les concurrences déloyales. L’Europe que nous voulons doit être prête à défendre son espace économique et une vraie stratégie industrielle. Oui à une Europe du concret, avec de vrais projets, tels Erasmus et Airbus, une Europe de la recherche contre la maladie d’Alzheimer, une Europe des grandes infrastructures. Non à l’Europe de la surenchère des normes et des taxes !

Il faut enfin faire vivre à nouveau notre identité culturelle. L’Europe d’aujourd’hui est en train de perdre le sens de son identité culturelle. Il est temps que cela cesse.

Nous avons construit l’Europe pour porter une voix singulière, celle d’une civilisation qui plonge ses racines dans l’héritage judéo-chrétien, de la Renaissance et des Lumières. Nous devons en être fiers et la réaffirmer car elle a encore tant de choses à dire au monde.

Voilà l’Europe que nous voulons, voilà l’Europe pour laquelle je vous propose de vous battre à nos côtés : une Europe qui protège nos frontières, nos entreprises, notre civilisation commune.

Chers ami, dans la bataille électorale des Européennes de mai prochain, nous avons une mission capitale : refonder l’Europe pour la sauver. Cette mission, seule notre famille politique est capable de l’assumer.

C’est le projet des Républicains, le projet que nous porterons ensemble car je sais que vous répondrez à mon appel pour une refondation de l’Europe.

Croyez-le bien, cette bataille ne va pas être facile et il nous faut le soutien de chacun pour la gagner. Votre place est à nos côtés. Sans vous, nous ne pouvons rien.

Bien fidèlement,

Laurent Wauquiez, Président des Républicains

Il faut stopper cette immigration illégale. Les peuples européens ne veulent plus d’une immigration imposée

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Cher(e)s ami(e)s,
Le 27 juin dernier, j’étais l’invitée politique du Talk Le Figaro. Vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe l’article de presse qui résume cette émission. Je me tiens à l’écoute de vos commentaires et vous souhaite un excellent week-end.
Nadine Morano : « Les peuples européens veulent une immigration choisie »
L’eurodéputée LR a exposé sa volonté de développer des projets sur le continent africain pour résoudre la crise migratoire.
IMMIGRATION « Il faut stopper cette immigration illégale », a martelé mercredi Nadine Morano, eurodéputée LR, lors du « Talk le Figaro ». L’élue s’est exprimée sur la polémique engendrée par l’arrivée de plusieurs bateaux de migrants sur les eaux italiennes et maltaises.
Elle a soutenu la politique de non-acceptation de ces embarcations du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, « qui a eu le courage de dire stop à la vague migratoire de masse, à l’arrivée de ces bateaux, qui a eu le courage de dénoncer les ONG dans leur comportement incitant l’immigration illégale ».
Pour l’élue, il n’y a pas de doute : le refus de l’ONG Lifeline de remettre le bateau du même nom, ainsi que ses passagers, aux autorités libyennes, « est organisé ». Elle en a profité pour fustiger la politique du président de la République. Selon elle, « M. Macron fait aussi le jeu des passeurs, lorsqu’il dit, toujours avec laxisme, qu’il faut accueillir ceux qui vont arriver ». Elle a dénoncé son « hypocrisie totale » sur le sujet, puisqu’il refuse selon elle de recevoir des bateaux de migrants sur le sol français.
Nadine Morano a expliqué que le réel défi à relever était de mettre « l’Union africaine face à ses responsabilités », et non de « culpabiliser l’Union européenne ou l’Europe sur la question migratoire ».
L’eurodéputée, qui s’est rendue à plusieurs sommets entre l’Union européenne et l’Union africaine, a dénoncé « des simulacres de sommet ».Pour elle, il est essentiel d’établir un dialogue qui mènera à des résultats et à des actes de la part des deux parties. L’élue a par ailleurs affirmé que « les peuples européens ne veulent plus d’une immigration imposée, ils veulent une immigration choisie ».
En tant que membre au Parlement européen de la délégation en charge des relations avec le Parlement pan-africain, Nadine Morano a pu assister en Afrique du Sud à une séance plénière des députés africains. Le sujet ? La corruption dans les États, qui suscite souvent leur instabilité. Aussi a-t-elle insisté sur la nécessité de ces États « de se développer ». « C’est insuffisant pour le moment, a-t-elle assuré, bien qu’ils touchent 17 milliards d’euros d’aides de l’Union européenne. » L’eurodéputée a proposé de prendre des mesures adaptées en « conditionnant les aides attribuées aux États africains au regard de leurs résultats sur la maîtrise de leur politique migratoire ». Elle a notamment plaidé en faveur de plus d’accords bilatéraux et multilatéraux, et du durcissement de la politique envers les pays qui ne coopèrent pas avec l’Europe.
L’essentiel pour résoudre la crise migratoire réside, selon Nadine Morano, dans le développement des pays africains. « Je crois aux qualités humaines des Africains. Je sais leur potentiel. Nous devons apporter des solutions, de meilleures qualités de vie à ceux qui vivent sur ce continent, et qui ne demandent qu’à pouvoir rester chez eux », a-t-elle déclaré. L’élue a d’ailleurs affirmé que les députés africains lui avaient demandé de ne plus régulariser les migrants clandestins dans les pays d’Europe. Pour eux, « ce sont les Européens qui amorcent la pompe à l’immigration illégale ».
Nadine Morano s’est prononcée contre la création de hotspots en Eu­rope, favorisant l’accostage des bateaux sur les côtes africaines. Il s’agit pour elle d’un mal nécessaire : « C’est la seule façon d’envoyer un message de l’autre côté de la Méditerranée et d’empêcher que des milliers de personnes ne meurent en mer », s’est-elle exclamée.
Fidèlement à vous.
Nadine MORANO
Ancienne ministre
Députée européenne

Retrouvez Laurent Wauquiez dans Les Echos

INTERVIEW – Préférence communautaire, remise à plat de la doctrine de la concurrence et des compétences des Etats et de la Commission… Avant le sommet européen, qui commence ce jeudi, et le conseil national de LR sur l’Europe, samedi, Laurent Wauquiez détaille ses propositions dans « Les Echos ».

Une partie des Républicains ont conditionné leur maintien dans le parti à votre ligne sur l’Europe. Le projet des Républicains en 2019 sera-t-il pro-européen ?

 

 

Qu’est-ce qu’être pro-européen aujourd’hui ? C’est toute la question. Je comprends très bien qu’il soit difficile pour Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin de voir que la construction de l’Europe que leur génération a portée n’arrive plus à faire la démonstration de son efficacité et à parler aux peuples. Mais mon devoir, c’est de ne pas en rester à ce constat d’échec en tirant les leçons de ce désenchantement. Sauver l’Europe, c’est avoir le courage de la refonder, c’est avoir la lucidité de dénoncer ce qui ne marche pas pour enfin pouvoir tourner la page des aveuglements successifs qui ont conduit l’Europe dans une impasse.

Depuis des années, quand on était pro-européen, on nous intimait d’être totalement béats sur ce que faisait la Commission, nécessairement pro-fédéraliste et de préférence utopique. Il y a cinq ans, quand j’ai écrit un livre tirant la sonnette d’alarme, j’ai été très critiqué. Aujourd’hui, qui peut encore contester ce constat que l’élargissement a fragilisé l’Europe, que l’incapacité à répondre à la crise migratoire est un talon d’Achille majeur et que nous n’avons pas de stratégie industrielle. Les eurosceptiques sont ceux qui persistent à ne pas ouvrir les yeux sur ce qui ne marche plus en Europe. Ceux qui sauveront l’Europe sont ceux qui auront eu le courage et la lucidité de la changer.

Mais diriez-vous que l’Europe est une nécessité vitale pour la France ?

 

Oui. Ma conviction, c’est que l’on a trahi l’esprit initial des pères fondateurs de l’Europe. On a laissé l’esprit européen se perdre, dans l’élargissement, dans le droit de la concurrence aveugle, dans notre naïveté dans les rapports de force avec le monde. Je suis impressionné de voir la vitesse à laquelle les choses se sont détricotées. Plus personne ne peut exclure une catastrophe dans la construction européenne. Prenons garde, sur la durée, au danger qu’il y a à ne pas écouter les peuples.

Pour moi, il y a deux dangers équidistants. D’une part la position de Marine Le Pen, qui prône  la sortie de l’euro , l’isolement de la France et donc l’affaiblissement du continent européen. Et de l’autre, l’utopie fédéraliste et technocratique portée par Emmanuel Macron , qui, de plus en plus coupé des réalités, veut continuer tout ce qui a amené l’Europe dans le mur : l’élargissement, l’extension de Schengen à la Bulgarie et à la Roumanie, l’augmentation sans contrôle des pouvoirs de la Commission, la poursuite d’une construction technocratique et peu opérationnelle de l’Europe. Le chemin des Républicains, entre ces deux dangers tout aussi extrêmes, c’est de porter le seul projet lucide qui peut permettre une renaissance de la construction européenne.

Macron et Le Pen, sur l’Europe, sont donc « bonnet blanc et blanc bonnet » ?

Ce sont deux postures diamétralement opposées mais qui conduisent l’une comme l’autre à l’échec de l’Europe. Le projet européen que nous voulons porter, c’est au contraire une Europe réaliste, capable d’assumer à la fois sa mission de protection et d’être à l’offensive. Je pense très profondément que l’on n’a jamais eu autant besoin de l’Europe. Et je pense, dans le même temps, que l’Europe que nous connaissons n’a jamais semblé à ce point incapable d’apporter des réponses aux défis que nous avons.

A vous entendre, on peut être à la fois proeuropéen et eurosceptique…

Tout cela est dépassé. Vouloir sauver l’Europe – donc être proeuropéen -, n’empêche pas d’être sévère sur ce que l’Europe est devenue. Oui je crois à l’Europe, mais pas à ce qu’elle est devenue. C’est pour cela que je veux la changer. Mais prenez garde à ne pas regarder la droite et le centre actuels avec les lunettes du passé ! Contrairement à ce que voudraient faire croire quelques voix de plus en plus marginales, les esprits ont beaucoup évolué. Plus personne à LR ne songerait à porter la parole d’un fédéralisme naïf, pas plus que celle d’un isolationnisme souverainiste. La nouvelle droite sera unie dans sa ligne européenne.

Concrètement, que proposez-vous ?

D’abord l’arrêt de tout élargissement, tant il a miné l’Europe de l’intérieur. Ensuite construire une Europe qui fait clairement le choix du travail et des entreprises. Je ne peux pas accepter qu’un commissaire européen continue à nous dire qu’il ne fait pas la différence entre une entreprise chinoise et une entreprise européenne, au moment où l’on a, face à nous, les barrières protectionnistes de Trump et l’habileté des chinois à protéger leur marché intérieur. Il faut remettre à plat notre doctrine de la concurrence, qui est totalement folle.

Nous ne devons pas être les ravis de la crèche de la compétition mondiale. Il faut donc faire de la réciprocité le principe fondateur de notre politique commerciale. Et mettre en oeuvre la préférence communautaire pour réserver la préférence à nos propres entreprises sur un certain nombre de marchés publics. Pensez-vous un seul instant que l’armée américaine va se mettre à acheter autre chose que des avions de combats américains ? La préférence communautaire doit devenir la pierre angulaire de la construction européenne. L’Europe doit rapprendre à chasser en meute.

L’Europe à laquelle je crois et j’aspire, ce n’est pas celle du consommateur qui pousse son chariot au milieu de supermarchés dans lesquels les produits ont été fabriqués hors d’Europe. C’est une Europe qui a la fierté de défendre un continent, avec une vraie stratégie industrielle. Une Europe du concret, avec de vrais projets.

Par exemple ?

Le déploiement de la 4G et de l’implantation d’un internet très haut débit partout permettrait à l’Europe de refaire la démonstration de son efficacité et de reprendre un lien concret avec des réalisations emblématiques.

Que devrait faire l’Europe face à la crise des migrants ?

Déjà il faut reconnaître qu’il y a une crise migratoire, et ne pas être dans le déni comme Emmanuel Macron qui explique que ce n’est qu’une crise politique. Il est dans l’aveuglement. Le premier devoir d’une construction politique, observait déjà Montesquieu, est d’assurer la protection de ses compatriotes. La crise migratoire est le révélateur de l’incapacité européenne à protéger. La première urgence, c’est de reconduire systématiquement dans leurs ports de départ les embarcations de migrants afin d’éviter les catastrophes en mer et de neutraliser les filières mafieuses d’immigration clandestine. Cela nécessite la mise en place d’une force navale européenne pour contrôler la Méditerranée.

Enfin, il est évident que les demandes d’asile doivent être traitées en amont en dehors de l’espace européen. Créer des centres d’accueil sur notre sol serait catastrophique : nous savons très bien qu’une fois les migrants sur notre sol, ils ne repartent pas. Ce serait donc créer un nouvel appel d’air.

Voulez-vous toujours changer les institutions européennes ?

Les priorités ne sont plus là. Quand il y a le feu dans la maison, ce n’est plus le moment de revoir les plans. Les deux priorités sont d’arrêter la vague migratoire de masse – en conditionnant notamment une aide plus vigoureuse au développement de l’Afrique à une politique de lutte, dans les différents pays, contre le départ d’une immigration clandestine et illégale à destination de l’Europe – et de retrouver une stratégie économique et industrielle permettant de jouer le rapport de force sur la scène mondiale.

Vous mettez au second plan votre Europe des cercles concentriques, jugée « irréaliste » et « dangereuse » par Valérie Pécresse ?

Je n’ai pas changé de conviction : on ne peut pas continuer à faire semblant qu’à 27, on partage tous la même vision de l’Union européenne. Certaines critiques des cercles concentriques me font d’ailleurs sourire. L’Europe des cercles existe déjà, les 27 pays ne sont pas tous dans la zone euro ni dans Schengen. Valérie Pécresse juge-t-elle que l’euro est un projet irréalisable et dangereux ? Arrêtons de créer artificiellement des différences entre nous.

Pour changer l’Europe, il faut des partenaires. Où sont les vôtres ?

Un vrai mouvement s’est opéré en quelques mois. Angela Merkel a compris les erreurs dans lesquelles l’avait amenée une politique migratoire non régulée. L’Autriche a bougé, les pays de la Baltique aussi. Les Pays-Bas sont extrêmement vigilants sur cette question. Mais pas seulement sur les questions migratoires. Il y a un an, Emmanuel Macron était porteur d’un grand espoir. Aujourd’hui, il a isolé la France. Souvent, notre pays croit qu’il peut donner des leçons à tout le monde sans se les appliquer à lui-même.

Si la désillusion s’est installée, c’est parce qu’Emmanuel Macron n’a pas fait le travail qui était attendu sur la France, le seul pays de la zone euro à ne pas réduire son endettement cette année, ne pas faire d’effort sur un déficit structurel avec un cycle de croissance aussi élevé, à augmenter encore sa dépense publique. Moi, dans ma région, j’ai baissé de 12 % les dépenses de fonctionnement en deux ans.

La première condition pour être crédible et pouvoir porter un projet européen, c’est que la France nettoie ses écuries d’Augias. Le facteur d’affaiblissement de la France est là mais Emmanuel Macron continue de faire croire qu’il peut effacer son inaction par la magie du verbe.

Emmanuel Macron a tout de même réussi à arracher à Angela Merkel un accord sur un budget de la zone euro…

D’abord je ne crois pas à la capacité du couple franco-allemand à imposer seul sa volonté sur la scène européenne. Ensuite, nous passons à côté des vrais enjeux. A l’heure où nous devons affronter une concurrence déloyale et le défi de la crise migratoire, notre priorité serait un budget de la zone euro ? Une nouvelle construction technocratique une solution à base de dépenses publiques, alimentée directement ou indirectement par de nouveaux impôts. C’est toute l’Europe dont les peuples ne veulent plus. Il faut revoir le fonctionnement de l’Europe et apporter la preuve qu’on peut avoir une Europe plus efficace, moins cher et moins technocratique. Le budget de la zone euro, c’est exactement l’inverse.

Faut-il revoir l’ampleur et la répartition du budget européen ?

Il a évidemment des curseurs à bouger. Plutôt que de saupoudrer les fonds européens, je préférerais qu’on les concentre sur quelques domaines, par exemple les réseaux de communications électroniques ou encore la recherche sur les maladies neurodégénératives. Mais en bon auvergnat, quand on me parle d’économie, j’aime bien qu’on fasse des économies sur le train de vie. L’Europe, c’est 10 milliards d’euros par an de fonctionnement administratif, sans compter ce qui est à la charge des Etats membres Il est urgent de simplifier, pour que cela soit moins cher et plus proche des réalités

Faut-il revoir l’attribution des compétences entre la Commission et les Etats ?

Il faut faire un grand soir des compétences et tout remettre à plat. Il y a des domaines où il faut rendre des compétences aux Etats-membres. La compétence normative donnée à Bruxelles est allée trop loin. Il faut aussi revenir sur le fait de donner toutes les clés des négociations commerciales à la Commission européenne. Notre rôle est de défendre les intérêts français.

Le contraste, d’ailleurs, est souvent énorme entre les deux côtés du Rhin. Quand Alstom a été vendu à Siemens il y a deux ans, les journaux français ont titré sur la naissance d’un géant ferroviaire européen alors qu’en Allemagne, la presse faisait sa une sur « Siemens s’offre le français Alstom ». Quand la France parle de l’Europe, c’est souvent pour oublier la France ; en Allemagne, c’est pour défendre les intérêts allemands.

L’euro est-il une réussite ?

L’abandon de la monnaie unique serait en tout cas une catastrophe. Les salariés et les épargnants seraient les premiers à payer les conséquences de la sortie de l’euro proposée par le Rassemblement national. Je refuse qu’on achemine la France vers ce chaos économique. Imagine-t-on un seul instant ce que serait la France, livrée à l’appréciation des agences financières, et dont l’état des comptes publics démontre notre incapacité à gérer correctement notre monnaie ? L’euro a des lacunes, la construction est imparfaite, mais c’est un bouclier.

Les problèmes de la France ne sont pas liés à l’Europe. L’Europe n’est pas exempte de toute critique mais le manque de compétitivité, le poids de la fiscalité, la dépense publique, ce sont nos problèmes et nous devons les régler.

Quel sera le profil de la future tête de liste de LR aux élections européennes ?

Une des erreurs majeures de la politique, c’est d’être obsédée par les castings et de penser que la communication a remplacé l’action. La tête de liste sera définie en fonction du programme ; pas l’inverse. Cela viendra plus tard.

Guillaume de Calignon et Pierre-Alain Furbury