Réaction au discours d’Emmanuel Macron devant la Parlement européen le 17 avril 2018

Le Président de la République française s’est exprimé ce matin devant le Parlement européen à Strasbourg.

Dans un contexte international particulièrement tendu et après les résultats des élections en Allemagne, en Italie et en Hongrie, son discours était très attendu.

 

On a coutume de dire qu’Emmanuel MACRON a de grandes ambitions pour l’Europe et une vraie vision de ce qu’elle doit devenir.

Les européens convaincus, dont je suis, espéraient pouvoir débattre de ces enjeux avec le Président de la république.

Le souffle et la hauteur de vue n’ont malheureusement pas accompagnés la prise de parole présidentielle.

 

A un an des élections européennes, nous aurions pu espérer une vision en accord avec les attentes des peuples européens.

A la place, nous avons eu une déclinaison complexe de la souveraineté européenne complémentaire.

Quel regret de constater que le projet européen du Président de la République française ressemble à ses premiers résultats en France : en demi teinte.

La souveraineté sera effectivement au cœur des enjeux des mois et des années à venir. Mais cette souveraineté ne peut pas être européenne.

Notre vision de la construction européenne est une Europe des peuples, pour les peuples, par les peuples. C’était la vision des Pères de l’Europe. C’est celle aujourd’hui partagée par notre famille politique du parti Populaire européen.

L’Europe c’est une communauté de volontés et d’actions d’Etats souverains.

C’est pourquoi il ne peut pas exister une souveraineté européenne. Il ne peut exister que des souverainetés nationales rassemblées autour d’un destin commun.

 

C’est déjà le cas aujourd’hui pour les négociations commerciales internationales. Qui peut croire que chaque Etat membre est un interlocuteur crédible face à la Chine ou aux grandes entreprises américaines pour la défense des consommateurs et la protection des données personnelles ?

Ce devra être le cas aussi demain pour construire une Europe qui protège.

Nous ne ferons pas face aux défis migratoires et à l’instabilité de nos voisins en nous repliant sur nous-mêmes. Pour autant, protéger nos frontières est un impératif tout comme construire une défense européenne autonome.

 

C’est cette Europe des réalités qu’il faut réussir. Et à ce propos le Président de la République française n’a pas su apporter de réponses satisfaisantes.

Emmanuel MACRON peut devenir un grand Président français et européen. Cela suppose qu’il soit capable en Europe, comme il l’a déjà fait en France, de bouleverser les habitudes, de transcender les idéologies les plus conservatrices pour remporter l’adhésion des peuples.

L’avenir de l’Europe ne s’écrira pas à l’encontre des volontés populaires qui disposent de la souveraineté la plus absolue. Ensemble, il est encore temps de construire une Europe qui protège et une France forte et souveraine.

Renaud Muselier, Président de la région PACA et Député européen du sud-est.

Modification du mode de scrutin pour les prochaines européennes 2019 : une régression, une contradiction et une combinaison

La modification du mode de scrutin décidée par le Président de la République pour les prochaines élections européennes en 2019 est malheureusement tout à la fois une régression, une contradiction et une combinaison.

C’est d’abord une régression, car après 1999 les gouvernements successifs, de toutes sensibilités, ont choisi de privilégier l’élection des députés européens dans le cadre d’un scrutin territorial, rompant ainsi avec le système des listes nationales totalement déconnectées des réalités locales.

C’est ensuite une contradiction à l’heure où l’Union européenne essuie quotidiennement la critique d’un éloignement excessif des attentes de ses citoyens. Un députe européen, quand bien même serait-il le représentant d’une circonscription étendue, tient des permanences, rencontre les acteurs socio-professionnels, explique les mécanismes des fonds européens et relaie les activités du Parlement européen auprès des medias régionaux. L’élection locale des députés européens constitue la meilleure garantie de proximité que puisse offrir l’Union européenne. Qui peut penser que des élus issus d’une liste nationale auront ces mêmes préoccupations ?

C’est enfin une combinaison, dès lors qu’en réalité ce changement du mode de scrutin traduit, contrairement à l’engagement européen affirmé à renforts de bons mots du Président de la République, une vulgaire tentative de tripatouillage institutionnel dont le seul objectif consiste à aider La République En Marche au détriment de la construction européenne et des intérêts de ses citoyens.

Décidément sur ce sujet comme sur tous les autres, l’étouffant parisianisme du Président de la République asphyxie toujours plus nos territoires et leurs habitants.

Brice HORTEFEUX
Ancien ministre de l’intérieur

ECOLOGIE : La méditerranée du futur. Acte 1 : Un engagement commun pour les accords sur le climat

Méditerranée du futur - Acte 1: un engagement commun pour les accords sur le climat

« Demain, la Méditerranée sera celle que nous dessinons aujourd’hui »
Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur,
Député européen.

Communiqué de presse

La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur organise le 21 novembre 2017 à Marseille, « Méditerranée du futur », un événement annuel d’envergure internationale. La 1ère édition aura pour thème « Un engagement commun pour les accords sur le climat » et réunira, à la Villa Méditerranée, ministres, responsables d’autorités locales, experts, chercheurs, représentants de la société civile et des organisations non-gouvernementales.

Une feuille de route pour la Méditerranée
Avec ce grand événement, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’affirme comme un acteur incontournable du partenariat méditerranéen et le territoire régional comme porte d’entrée de la Méditerranée.
Les travaux et échanges issus de la journée du 21 novembre doivent servir de base à l’élaboration d’une véritable feuille de route commune permettant d’atteindre en Méditerranée les objectifs fixés par les accords sur le climat.
Pour la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la zone méditerranéenne est en effet un espace cohérent pour la mise en œuvre des engagements figurant dans ces accords. Une coopération active entre voisins méditerranéens et européens est nécessaire pour faire face aux nombreux enjeux : changement climatique, pollution, biodiversité marine, développement urbain, sécurité maritime, mais aussi crises migratoires et humanitaires…

Les temps forts du programme
Ouverture officielle de la journée en présence de Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Député européen, Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco et Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Présentation de solutions innovantes et ambitieuses en Méditerranée, portées par des acteurs publics ou privés dans de nombreux domaines : énergies renouvelables, efficacité énergétique dans le bâtiment, les réseaux électriques intelligents…
Deux tables rondes pour penser et agir pour la Méditerranée du Futur et les enjeux environnementaux et climatiques cruciaux pour le bassin Méditerranéen.
Cinq ateliers sur les moyens, les outils et les expérimentations pour atteindre les trois objectifs de l’Accord sur le climat : Atténuation, Adaptation, Financement.

 

Programme disponible sur www.mediterraneedufutur.com

Accréditation Presse sur www.regionpaca.fr/inscription21

Fiscalité des ports : 38 députés européens français, belges et néerlandais demandent à la Commission de revoir sa copie

Fiscalité des ports : 38 députés européens français, belges et néerlandais demandent à la Commission  de revoir sa copie

Communiqué de presse

À la suite de l’ouverture d’une enquête de la Commission européenne sur le régime fiscal des ports français, le député européen Renaud Muselier s’est félicité du débat mis à l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement européen le mercredi 14 juin au sujet de la fiscalité des ports. « La Commission européenne va devoir prendre ses responsabilités. En ouvrant une enquête approfondie sur le régime fiscal des ports français, belges et néerlandais, elle s’attaque directement à la souveraineté fiscale des Etats. Ces ports n’étant pas soumis à l’impôt sur les sociétés, la Commission considère qu’il s’agirait d’une aide d’Etat incompatible avec le marché intérieur. Les résultats de son enquête seront connus dans quelques semaines. En cas d’avis négatif, dès juin 2017, les ports français seront alors obligés de payer une amende pour compenser cette exonération. C’est une faute sur la méthode et sur le fond, car la Commission mène une enquête à charge que rien ne justifie.»

Le député européen a insisté sur la dimension éminemment politique de ce dossier. « Si l’on prend les quatre plus grands ports européens, trois représentants à eux seuls 72% de part de marché sont directement concernés par l’enquête. Un seul État sort indemne de toute cette histoire : l’Allemagne et son port d’Hambourg. Je constate que la Commission prend une décision éminemment politique basée sur une technostructure au service de l’Allemagne». 

Le député européen a conclu : « J’ai saisi le Président de la République française et la Ministre des affaires européennes, elle-même signataire d’une question orale à ce sujet, en leur demandant d’intervenir afin de suspendre cette enquête illégitime. Les conclusions de cette enquête seront décisives pour l’avenir de nos ports.»

Renaud MUSELIER, Président de la région PACA, député européen. 15/06/2017

Provence-Alpes-Côtes d’Azur restera la vitrine des accords de Paris

Provence-Alpes-Côte-d’Azur restera la vitrine des accords de Paris

En retirant les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, Donald Trump commet une faute politique, morale et économique très lourde. Si sa décision est souveraine, je la regrette profondément tant les enjeux de cet accord sont grands.

Cette décision est intervenue la veille du retour sur la terre ferme de notre héros national Thomas Pesquet.

« Je me battrai pour que nos enfants continuent à pouvoir vivre sur une planète propre et pour que les cartes postales que nous envoient nos héros de l’espace continuent à exister. Notre planète est le joyau rayonnant de toute l’humanité. Un homme ne peut à lui seul décider d’en compromettre l’avenir ».

En Provence-Alpes-Côte-D’azur, sans doute plus qu’ailleurs, nous sommes conscients de l’importance de préserver notre cadre de vie, notre biodiversité, nos paysages, nos montagnes et notre littoral.

En 2015, alors que 195 Etats s’entendaient pour limiter à 2° l’augmentation de la température, un espoir est né. Cet espoir, malgré la décision du Président américain, ne doit pas disparaitre. Il renforce notre responsabilité.

Ancien Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, je sais que la décision d’un seul fût-il la première puissance mondiale ne peut pas remettre en cause une volonté planétaire. La France et l’Europe doivent désormais se battre pour faire respecter cet accord. J’appelle à la mobilisation générale !

A la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur depuis le début de notre mandat, avec Christian Estrosi et Maud Fontenoy, nous avons mis en place une ambitieuse politique de développement durable, de croissance verte et de préservation de notre cadre de vie.

« Inscrire notre politique dans le cadre d’un développement durable est une chance pour une région comme la nôtre. Notre ensoleillement, notre littoral et nos montages sont autant d’atouts économiques que nous devons préserver et développer. Ma stratégie environnementale s’oriente autour de l’emploi et de la croissance verte. »

Nous consacrerons donc, cette année, 2 millions d’euros supplémentaires pour optimiser la qualité énergétique des bâtiments et développer les bornes de recharges pour les véhicules électriques, nous travaillons à un partenariat avec le groupe SUEZ pour faire de notre région la première Région no plastic d’Europe et nous avons également créé un fonds de dépollution des eaux de Mer. Cette démarche globale sera complétée par l’Opération d’Intérêt Régional Energie de demain pour continuer à financer la recherche et l’innovation.

Par ailleurs, nous allons accélérer la mise en place d’un certain nombre de dispositif comme l’expérimentation dans les prochains jours d’un bus LER au gaz naturel et nous voterons dès le mois de juillet une stratégie régionale de l’air.

Renaud MUSELIER, Président de la Région PACA, député européen. 02/06/2017

Paquet routier : La Droite française se mobilise contre le dumping social

Communiqué de presse 

Après les réformes portuaire et ferroviaire adoptées à Bruxelles en décembre 2016, le député européen Renaud Muselier s’est félicité de l’adoption, jeudi 18 mai 2017, d’une résolution du Parlement européen sur les transports routiers dans l’Union européenne. « C’est un message fort envoyé à la Commission européenne, à quelques jours de la présentation de son paquet routier. Ce projet vise à étendre le travail d’harmonisation des législations européennes en matière de transports, au secteur routier ».

Le député européen a ajouté : « Le paquet routier sera l’événement politique des prochains mois au sein de la Commission transport et tourisme du Parlement européen. Résolution du problème du cabotage (camions qui roulent à vide), réduction de l’empreinte écologique, renforcement des contrôles contre les fraudes, lutte contre la concurrence déloyale sur l’ensemble du territoire européen : les enjeux sont majeurs. »

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur en première ligne

Renaud Muselier a insisté sur ce point : « En tant que député européen et Président délégué de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, je n’ai qu’une seule volonté : défendre les intérêts de nos transporteurs et faire en sorte que les 81 millions de tonnes de marchandises et les 1,2 millions de conteneurs qui arrivent chaque année dans le port de Marseille-Fos soient pris en charge par des entreprises françaises. Notre région a beaucoup à gagner ou beaucoup à perdre dans cette réforme car c’est toute la chaîne de transports de marchandises en France qui peut être impactée ». 

Le député européen voit en cette réforme « un véritable symbole face aux extrêmes qui accusent l’Europe de libéralisme sauvage. Non, l’Europe protège lorsqu’on sait s’en servir ! Notre ligne est restée la même : pas de libéralisation du secteur avant une harmonisation sociale des Etats-membres au préalable. J’y veillerai de très près lors des négociations qui s’ouvriront fin mai ». 

Renaud MUSELIER, député européen 18/05/2017

Région, Europe, Présidentielle, pour rétablir la vérité sur l’Europe !

Le numéro 2 de la Région a accepté pour notre journal de se livrer pendant une bonne heure dans son bureau, qui donne sur la Porte d’Aix, au siège de la collectivité à Marseille. Le médecin toujours en activité et ancien secrétaire d’État (de 2002 à 2005), 58 ans le 6 mai, était la tête de liste pour la droite dans la grande circonscription Sud-Est aux dernières élections européennes de 2014. Largement vainqueur, il a clairement retrouvé du poil de la bête, après avoir décidé d’arrêter sa carrière politique durant trois ans. Fervent défenseur de l’Europe, il a un peu plus fait de Bruxelles et de la chasse aux fonds européens l’une de ses priorités depuis son élection à la Région, en décembre 2014, aux côtés de Christian Estrosi.

Pouvez-vous décrire la manière dont s’articule votre ticket à la tête de la Région avec M. Estrosi ?

Il a été pensé et mis en place dès le départ. Nous sommes des hommes politiques très différents, mais très complémentaires. Il est Niçois, je suis Marseillais, deux villes, deux populations, deux mentalités qui ne sont pas du tout les mêmes. On a une grosse expérience : politique, institutionnelle. On a été tous les deux ministres. On a un équilibre pour qu’il n’y ait pas de malentendu. J’ai la signature de tout ce qui se passe pour les Alpes-Maritimes. Donc, on ne peut pas dire que M. Estrosi donne la préférence à son département !

Quelles sont vos principales attributions en tant que président délégué, ou premier vice-président de la Région ?

J’ai principalement en charge deux dossiers essentiels pour l’avenir de la Région. D’abord l’Europe, et c’est cohérent puisque je suis député européen. Ce sont les régions qui gèrent aujourd’hui les fonds européens. Elles les suscitent, les organisent, les ventilent, et cela représente 2 milliards d’€ dans la mandature. J’ai pris aussi la présidence du comité régional de tourisme. Un outil magnifique pour la Région avec les trois marques : Provence, Alpes, Côte d’Azur, à promouvoir. Avec Christian Estrosi, il y a une vraie complicité entre nous. Cela fait d’ailleurs un an et demi qu’on est élus et vous n’avez jamais entendu parler d’un moindre couac.

Comment s’organise votre emploi du temps entre vos fonctions à la Région et au Parlement européen ?

Sur un mois, l’Europe représente pour moi une semaine à Strasbourg, du lundi soir au jeudi soir, et trois autres semaines à Bruxelles, où j’y suis le mardi et mercredi. Je suis à la Région le lundi, jeudi, vendredi et samedi, toute la journée. En termes d’efficacité politique, le fait d’être à Bruxelles, c’est l’accès aux fonds européens qui sont les fonds structurants. Ils pèsent lourd. C’est beaucoup d’argent à reventiler sur la totalité de notre territoire. Je suis vice-président de la commission Transports au Parlement européen, car je suis l’élu de la grande circonscription Rhône-Alpes-Paca-Corse, qui, après Paris, compte les plus grands aéroports, gares et ports. Cela me permet de peser le plus possible pour eux.

Comment expliquez-vous la virulence des critiques émises sur l’Europe par bon nombre de candidats à la présidentielle ?

C’est de la démagogie populaire mais qui est en partie fondée sur une erreur. Tous les dirigeants français au sein des gouvernements successifs, dont j’ai fait partie, se sont appuyés sur la transposition maximaliste des directives européennes. Un exemple simple : quand l’Europe se mêle de la cueillette des fruits, elle décide que les échelles pour cueillir les pommes ne doivent pas dépasser 3 mètres. Mais nous, on a mis 3 marches d’escabeau en plus, pour dire après que c’est la faute de l’Europe. Non ! Ce sont les services du ministère de l’Agriculture qui ont transposé les lois européennes pour faire voter au Parlement français cette imbécillité. Qui rend l’Europe insupportable pour la totalité des agriculteurs. Alors qu’elle est la première contributrice pour eux avec la PAC.

Pouvez-vous nous parler des dernières décisions du Parlement européen ?

Ce mois-ci, on a voté l’uniformité de la facturation des communications avec les portables au sein de l’UE. Le président allemand est aussi venu s’exprimer pour la première fois devant nous pour vanter les bienfaits de l’Europe en termes de paix, libre circulation, démocratie. J’ai vécu le moment avec une certaine délectation. Puisque moi, Muselier, petit-fils de l’Amiral qui a donné la Croix de Lorraine à la France libre, fils de celui qui a été déporté à Dachau, suis assis au Parlement européen à côté de la petite-fille de Mussolini pour applaudir le président allemand, c’est énorme ! Je me demandais si mes grand-père et père avaient pu penser une seule seconde à cette scène ? Eh bien cela fait partie de l’Europe, et on l’oublie tout le temps.

Pourquoi ne parle-t-on jamais, ou presque selon vous, de ce que vous estimez être les bienfaits de l’Union européenne ?

Une majorité de la classe politique ne sait pas ce qui s’y passe. Nous aussi, à la Région, on a réalisé que le plan Juncker donnait accès à 100 milliards d’€. Mais si on ne leur demande pas, on ne l’aura pas ! Quand je vois en départ de mandature européenne 11 milliards sur la commission Transports, je vois également : 0 € pour le port de Marseille ! On m’explique ici qu’on est l’un des premiers en Europe, mais que l’Europe, c’est trop compliqué… Le port de Strasbourg prend 7 millions, Hambourg 72, Amsterdam 45 ! En fait, on n’a pas le réflexe, la culture. Aujourd’hui, il n’y a plus un seul dossier qui arrive dans mon bureau sans qu’on sache avant s’il est éligible aux fonds européens. Tout le renouveau de Marseille autour du port, les dernières années, a été financé à 40 % par l’Europe. Avez-vous vu le drapeau européen à chaque fois pour dire merci ? Par contre, dès qu’un truc va mal, on dit que c’est la faute de l’Europe ! Le problème est qu’elle est devenue un contributeur financier obligatoire, et plus un projet politique.

Que faudrait-il changer en priorité pour modifier cette perception ?

Seuls Macron et Fillon le disent : il faut revoir la totalité des transpositions européennes dans le droit français. Si on fait déjà ça, l’Europe sera plus appréciée. J’ai été pendant vingt ans élu à l’Assemblée nationale. J’y étais très heureux. Mais l’Europe, c’est une autre dimension, surtout une autre ouverture d’esprit. Grâce à mes fonctions au gouvernement sous Jacques Chirac, j’ai une perception différente de l’islam, des religions, des couleurs des gens par rapport à leur propre culture. Mon expérience internationale fait que je la mets peut-être plus facilement à disposition de mon pays et ma région quand je siège à l’Europe. J’obtiens souvent ce que je veux là-bas. Car je pense avoir une ouverture d’esprit différente d’un homme clanique.

Renaud MUSELIER, député européen 26/04/2017

http://c.ledauphine.com/vaucluse/2017/04/17/une-ouverture-d-esprit-differente-d-un-homme-clanique