Macron abandonne aussi les quartiers hors contrôle

En France, des centaines de quartiers urbains apparaissent à ce jour hors de contrôle de l’État pour partie, ou en totalité. Des événements se succèdent avec des règlements de compte de bandes rivales, sur fond de trafic de drogue, d’armes, de personnes (prostitution) et de commerce de biens volés. Plus de la moitié des crimes et infractions graves commis en France le sont par des habitants issus de ces quartiers, agissant dans leur environnement. Macron a redéfini récemment ses priorités : «La police de sécurité du quotidien aura comme priorité la lutte contre le harcèlement, notamment dans les transports.» 

Ces activités criminelles induisent une insécurité constante pour les habitants qui s’accompagne du retrait de fait des services de l’État et des services publics. Policiers, pompiers, médecins se font agresser. Les établissements scolaires sont en situation de risques permanents, venant de l’intérieur comme de l’extérieur. Dans de nombreux cas, les services publics ont fermé leurs portes et les transports en commun sont pour le moins perturbés. 

Les habitants quittent ces quartiers dès qu’ils en ont la capacité (par exemple, les jeunes poursuivent leurs études ailleurs après le bac). Il en découle donc, depuis de nombreuses décennies, une concentration mécanique de personnes en situation sociale difficile, de refuges pour la pauvreté, incitant au recours à toutes les opportunités illégales. La liste de ces territoires a été réduite. Certains, grâce à l’intervention des élus locaux, se sont améliorés et sont sous contrôle pour l’essentiel. D’autres ne le sont pas du tout, ou ne le sont plus. La liste officielle devrait être mise à jour, car le zonage est aujourd’hui assez inexact. Il existe plusieurs listes selon qu’il s’agit de sécurité, d’éducation, d’urbanisme, de social, etc., car chaque ministère joue sa propre stratégie. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que la nouveauté vient du fait de la reconnaissance de plus en plus consensuelle de cette réalité sociale et sécuritaire même si l’analyse des causes et des solutions diffère. 

La déclaration testamentaire de Gérard Collomb, suite à sa démission du Ministère de l’Intérieur, est particulièrement frappante, car émanant d’un socialiste reconverti dans le macronisme. Elle mérite d’être citée. Collomb a déclaré sur les quartiers difficiles que la situation était «très dégradée». «Le terme de reconquête républicaine prend dans ces quartiers tout son sens. (…) Il faut assurer la sécurité dans ces quartiers, mais il faut fondamentalement les changer. Quand les quartiers se paupérisent, se ghettoïsent, il ne peut y avoir que des difficultés». «On vit côte à côte, je crains que demain, on ne vive face à face, nous sommes en face de problèmes immenses». 

Il a précisé également que l’accueil des migrants dans les quartiers pose un problème grave : «Si c’est pour mettre ceux qu’on accueille dans les quartiers dont je viens de parler, on accroîtra encore les problèmes et la situation deviendra ingérable». 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que pour faire baisser la criminalité en France, l’État doit mettre en œuvre les moyens pour reprendre le contrôle de ces territoires qui sont actuellement hors contrôle. Le consensus qui se dessine sur cette question offre une opportunité d’y parvenir avec le plein soutien de l’opinion. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge que Macron n’a pas de politique à l’égard des quartiers abandonnés. Il se place dans le cadre d’un laissez-faire commode provenant à la fois de son orientation sociale-démocrate libertaire, de son manque de moyens budgétaires et, surtout, de son refus de tout risque d’affrontement (comme cela a été le cas avec les zadistes). Il faut reprendre tous les problèmes de ces quartiers de manière globale en commençant par le rétablissement de l’État de droit et la présence de tous les services publics, y compris la police ou la gendarmerie.

LE MIL, communication du 24 octobre 2018

Macron démarre sa campagne pour l’Europe fédérale

 Le 16 octobre, Macron a lancé la campagne européenne de 2019. «Je crois dans ce projet que je veux porter en Europe. Et c’est pour cela que je souhaite aussi le rassemblement le plus large.» 

Macron a décrit la situation avec gravité. Il s’est positionné lui-même, modestement, comme «La solution», pour la France et l’Europe, face aux problèmes du moment. Il affirme que : «Le monde se fracture, de nouveaux désordres apparaissent et l’Europe bascule presque partout vers les extrêmes et à nouveau cède aux nationalismes. Il faut que la France garde la maîtrise de son destin.» 

Les constats de Macron sont faux pour plusieurs raisons. D’une part, le monde ne change pas tant que cela, des rapports de force évoluent effectivement, mais à ce jour, il ne s’agit pas de désordres, mais de risques à anticiper, comme c’est l’usage. D’autre part, les équilibres politiques des pays de l’Union européenne changent, cela apparait assez normal dans des régimes démocratiques. La tendance générale semble être à la multiplication des forces politiques et à la sortie de situations de bipartisme. Cela crée une situation nouvelle qui devrait se traduire par une multiplication des groupes politiques au sein du parlement européen en 2019. Le parlement disposera d’une représentation plus composite. Les groupes socialistes (PSE) et démocrates-chrétiens (PPE) ne domineront plus mécaniquement l’assemblée européenne, comme cela a été le cas depuis des décennies. La ligne politique traditionnelle de l’Union européenne pourrait au minimum s’infléchir ou même changer en fonction des positions des gouvernements européens et du poids des groupes parlementaires. Enfin, quand Macron affirme que l’Europe bascule vers les extrêmes, il présente un tableau inexact. Certes des partis, ou coalitions, marxistes ont repris du poids comme en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en France (LFI, PCF…), mais sans présenter de menaces à leur stade de développement. Parallèlement, de nouveaux partis de droite ou d’extrême droite ont fait leur apparition comme notamment en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Suède. Certains participent au gouvernement, mais cela ne change pas fondamentalement les choses. Ces derniers partis défendent leurs intérêts nationaux. Mais ils n’ont, dans la pratique, aucun projet européen commun. Ils ne partagent que le refus d’une immigration illégale et la dénonciation de Bruxelles imposant une autorité supranationale (agissant dans le sens de la constitution d’une Europe fédérale). 

Cette question de la défense des frontières de l’Union vis-à-vis de l’immigration est partagée par des forces politiques de plus en plus larges, et même certains partis de gauche se sont clairement ralliés au principe du refus d’une immigration incontrôlée. 

Les partis fédéralistes européens refusent l’arrêt de l’immigration et défendent le principe d’une répartition des migrants par pays, selon la capacité supposée d’accueil de ceux-ci. C’est la position défendue par Macron et LREM. La loi «asile et immigration» adoptée, comporte certes un resserrement des procédures, mais elle ne permet pas de bloquer l’arrivée de migrants, ni d’expulser les candidats déboutés. Concrètement, le nombre de demandeurs d’asile croît, le nombre des acceptations de réfugiés augmente et, pour chaque bateau de trafic humain, Macron accepte l’accueil d’une part des migrants en France… 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que Macron vient de débuter sa campagne pour l’élection européenne. Le président a choisi une argumentation symbolique très éloignée de la réalité des problèmes. Il tente de jouer sur le thème du «rejet des extrêmes» en proposant une alternative entrant dans un registre connu : «c’est moi ou le chaos». Mais la logique de «front républicain», qui a joué lors de la présidentielle, ne fonctionnera pas pour le scrutin européen marqué par une élection nationale à la proportionnelle à un tour, avec un large choix de listes. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge que, pour cette élection, la droite républicaine doit mobiliser sur une nouvelle politique européenne à mettre en œuvre et contre l’Europe fédérale. 

Lire la Communication du MIL du 10 octobre 2018 – «MACRON – CHAMPION 2019 DE L’EUROPE FÉDÉRALE»

Le MIL, communication du 18 octobre 2018

La francophonie c’est d’abord la langue française

«Présente sur les cinq continents, la langue française a toutes les caractéristiques d’une langue mondiale» souligne le nouveau rapport de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Elle est la langue officielle de 32 États, ainsi qu’une langue de travail dans la plupart des organisations internationales. 

La langue française se porte bien au niveau international et elle poursuit sa diffusion. Elle serait la cinquième langue la plus parlée avec 300 millions de locuteurs, après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. Cette augmentation provient surtout de la croissance démographique des pays où l’on parle français. 

Le XVIIe sommet de la Francophonie vient d’avoir lieu à Erevan, en Arménie. Les 54 chefs d’État et de gouvernement ont désigné, par consensus, leur nouvelle secrétaire générale, la ministre rwandaise des Affaires étrangères. Il s’agit d’une personnalité fortement controversée en raison de son engagement en faveur de la langue anglaise au Rwanda et de la nature très peu démocratique du régime au pouvoir dans ce pays. 

Macron a apporté son entier soutien à cette candidate pour des raisons diplomatiques à plusieurs niveaux. Il apparaît qu’il a fait une erreur stratégique grave pour la France et pour la francophonie. 

Par ailleurs, le discours prononcé par Macron, à Erevan, a été marqué par la profonde confusion dont il est coutumier. Il a ainsi affirmé : 

« La francophonie doit être le lieu du ressaisissement contemporain » (…) 
« Cette langue qui en a conjugué tant d’autres ne va pas répéter des mots devenus parfois creux, mais elle doit être la langue du refus de ce qui se passe » (…) 
« La francophonie doit être féministe » (…) 
« Unie, notre famille ne l’est pas seulement par la langue, mais aussi par une certaine vision du monde. » 

Chacun jugera de la portée internationale de ces envolées lyriques de l’acteur Macron et des effets qu’elle peut produire parmi nos partenaires.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) est profondément attaché à la défense de la langue française qui est l’un des premiers éléments de notre patrimoine national. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) apporte tout son soutien au rayonnement et à la diffusion de notre langue dans le monde. Ce rayonnement passe par une politique nationale en faveur de l’apprentissage (lycées français à l’étranger ou accueil d’étudiants étrangers en France, par exemple) et de l’usage de la langue française en France comme à l’étranger par tous les moyens de communication. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) condamne la diminution progressive des moyens nécessaires à la diffusion de notre langue à l’étranger (Annulation de 60 millions d’euros du programme «Diplomatie culturelle et d’influence», baisse de 11% des subventions des Alliances françaises, réduction budgétaire des établissements d’enseignement du français à l’étranger.). Il faut une reprise active de la politique française en faveur de la langue française. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) apporte tout son soutien à la vie et l’animation de la communauté francophone. Cette communauté est le fruit de la proximité (Belgique et Suisse) ou de l’histoire (État américain de Louisiane ou Québec) comme l’une des conséquences positives de la période coloniale. La langue française est la clé des relations culturelles et scientifiques avec de nombreux pays à travers le monde et, tout particulièrement, avec de nombreux pays africains. Les auteurs, créateurs, chercheurs de ces pays, qui partagent notre langue, sont une richesse unique pour toute la communauté francophone. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) note également l’existence de populations francophiles dans divers pays et s’en félicite. Le français serait la deuxième langue étrangère la plus apprise dans le premier cycle de l’enseignement secondaire dans l’Union européenne ; 26% des élèves apprennent le français.

 Mais le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que la participation de certains pays à la francophonie n’a pas de raison d’être. La récente candidature de l’Arabie saoudite à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) illustre cette dérive. Contestée au sujet des droits de l’homme, elle a finalement retiré sa demande d’adhésion. L’OIF n’a pas vocation à s’élargir sans fin, comme cela a déjà été engagé : ainsi le Qatar est un membre associé. L’Ukraine, les Émirats arabes unis sont des pays observateurs… 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) reste donc profondément critique sur la gestion de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Il y règne, en effet, un mélange des genres malheureux. Dans cette instance se mêlent des considérations : 
-géopolitiques (sphères régionales d’influence en Afrique), 
-politiques (droits de l’homme et droits des femmes), 
-commerciales (obtention de marchés), etc. 
L’OIF s’éloigne totalement de la défense de la langue française dont c’est l’objet initial. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge que la francophonie doit être recentrée sur les véritables enjeux de la langue française : son vocabulaire (à faire vivre), la diffusion de la langue (médias, internet, réseaux sociaux, etc.), la promotion de son usage (outils techniques et numériques) et de ses œuvres (livres, chansons, films, etc.), en partage entre tous les pays dont elle est la langue.

Le MIL, communication du 15 octobre 2018


 

Ce que nous portons correspond à l’aspiration de notre pays

Chers Amis,
Le président des Républicains Laurent Wauquiez a donné ce dimanche une interview dans le Parisien dans laquelle il dénonce l’action inefficace d’Emmanuel Macron depuis le début de son mandat :  » L’échec de la première année d’Emmanuel Macron n’est pas un échec de casting mais un échec de résultats: plus de taxes, plus d’impôts, plus d’immigration. […] 242.000 titres de séjour ont été délivrés à des étrangers en un an : il n’y a jamais eu autant d’immigrés en France. […] Changer aujourd’hui les ministres sans changer de politique, c’est la garantie de refaire exactement les mêmes erreurs […].« 
Face à la hausse des cours du pétrole qui pénalise les Français, Laurent Wauquiez demande à Emmanuel Macron de  » renoncer aux augmentations de taxes supplémentaires sur le carburant qu’il a prévues jusqu’en 2021″ et propose des propositions qui ont fait leur preuve chez nos voisins Allemands : “ Nous proposons un plan d’économies qui permettrait de dégager 20 milliards d’euros notamment avec la création d’une allocation sociale unique et la mise en place d’un ticket carburant sur le modèle du ticket-restaurant. Il faut que cesse le racket des automobilistes.« 
Nous vous invitons à retrouver l’intégralité de cette interview en cliquant ici 
Nous vous remercions de votre engagement aux côtés de Laurent Wauquiez.
A très bientôt,
L’équipe de la Droite Sociale

Macron-champion 2019 de l’Europe fédérale

Macron a déclaré : «Je ferai tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix - je l’espère incarnée par une liste le plus large possible en France – se fassent entendre». 

Macron prépare l’élection européenne de mai 2019 avec beaucoup de soins. Il en mesure l’enjeu national et international. Il est vrai que la baisse des intentions de vote en faveur de sa liste est assez nette pour le pousser à réagir. La chasse aux vedettes médiatiques est ouverte pour constituer sa liste «progressiste» (avec ou sans Daniel Cohn-Bendit ?). 

Macron a développé un discours sur l’Union européenne depuis son arrivée au pouvoir. Il a prononcé de forts beaux discours. Son positionnement fédéraliste européen est clair. Il est même devenu le porteur de cette ligne politique, en prônant de nouvelles délégations de pouvoirs des pays membres à l’Union. Au sein de 27 pays de l’Union, il est ainsi devenu le repoussoir de plusieurs gouvernements étrangers… 

Paradoxalement, s’il apparaît en phase avec les responsables actuels de la Commission de Bruxelles, sur un plan concret, Macron n’a pratiquement rien obtenu de sérieux auprès de nos partenaires. Citons, par exemple, les modifications marginales du statut des travailleurs détachés, la non-interdiction du glyphosate ou l’échec du projet de gouvernement économique de la zone euro. Depuis son arrivée au pouvoir, sa démarche s’est traduite par plusieurs échecs. 

Au niveau de l’UE, Macron et son équipe cherchent des «partis frères», appartenant à la gauche sociale-démocrate et au centre gauche, dans tous les pays, pour assurer la présence de listes «progressistes». Ce projet d’un «En marche international» ne semble pas encore se concrétiser. 

En difficulté pour se positionner sur cette élection, Macron joue la seule carte dont il dispose : «le rejet de l’extrême droite». Il cherche à jouer un remake de la présidentielle sur le thème «voter pour moi contre le Front national». Dans la version européenne, cela devient : voter pour les «progressistes» contre les «nationalistes». Mais la réalité politique de chacun des pays de l’UE diffère et, en fait, ne répond pas à ce schéma simpliste … pas même en France. 

L’opposition entre les partisans de l’Europe fédérale supranationale et ceux de l’Europe des nations (ou des États) réside dans une répartition complexe à droite comme à gauche. Bref, les adversaires de l’Europe fédérale sont bien loin d’être tous des extrémistes, comme Macron souhaiterait le faire croire. 

L’argument «Moi ou le diable» ne pourra pas bien fonctionner dans un scrutin national à la proportionnelle ou l’offre politique comportera de multiples listes. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL), contrairement à Macron, pense que le scrutin européen aura un réel impact sur la politique nationale du gouvernement. Il est probable qu’il entrainera un tournant politique en France. Macron affirme : «En aucun cas je ne changerai de politique», mais ses résultats le ramèneront à la réalité. En effet, dans le cadre d’un scrutin proportionnel, national, le résultat sera certes plus ou moins clair en fonction des listes finalement présentes. Mais il a toute chance de conduire l’alliance LREM – MoDem (si elle se confirme) à un positionnement relativement secondaire. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que, sans quitter l’Union européenne, comme la Grande-Bretagne, il est possible de redéfinir la politique de l’Union. Cette conviction émerge actuellement dans de nombreux pays. Il s’agit en particulier de dire ce qui est, d’un côté, des compétences des nations et, de l’autre, des projets qui peuvent être, en partie au moins, du domaine de l’Union (projets industriels ou de recherche, acteurs du numérique, échanges universitaires, frontières extérieures de l’Union, etc.). 

L’objectif est de mener une nouvelle politique au sein de l’Union en assurant des convergences et des dynamiques, à géométrie variable, avec des pays volontaires, selon les projets.

Le MIL, communication du 10 octobre 2018

Débat sur un service national universel

 le Premier ministre a déclaré à propos du projet de nouveau service national : «L’ambition du SNU n’est pas de recréer le service militaire. Cela n’a aucun sens d’imaginer qu’on pourrait le refaire. On n’en a pas les moyens, on n’en a pas les besoins.» 

Le Premier ministre vient de réaffirmer sa volonté de mettre en place un «Service national universel (SNU)» en 2020. Ce «projet d’engagement collectif» reste encore tout à fait flou. Il doit donner lieu à des «concertations avec des jeunes». Ces réunions organisées occuperont le terrain avant l’annonce de choix politiques, comme cela a déjà été le cas dans plusieurs autres dossiers. Le projet de SNU, qui a été validé par le gouvernement, comprend en deux temps : une période obligatoire d’un mois autour de 16 ans et une seconde période qui prendrait la forme d’un volontariat civil ou militaire d’au moins trois mois. Filles et garçons seraient concernés par cette mobilisation qui reste à préciser, soit environ 800.000 jeunes par an. Ce qui donne une idée de l’ambition initiale du projet. 

La proposition de Macron, lors de sa campagne présidentielle, portait sur le rétablissement d’«un service national de courte durée, obligatoire et universel.» il précisait que «Chaque jeune Français ira ainsi à la rencontre de ses concitoyens, fera l’expérience de la mixité sociale et de la cohésion durant un mois». Cette opération était alors prévue pour être prise en charge par les Armées. Ce n’est plus le cas, compte tenu des calculs budgétaires qui concluent à une dépense de plusieurs milliards d’euros (15 en première année et 3 en année courante). On attend donc des précisions sur le tour de passe-passe en préparation. Cela aboutira probablement à quelques cours de secourisme, de sport et d’éducation civique. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) entend bien les positions, un peu nostalgiques, de personnes qui ont effectué par le passé leur service militaire avant la suspension de celui-ci, et qui rêvent de son rétablissement en évoquant ses aspects positifs : mixité sociale, cadrage de jeunes hommes, expériences d’un fonctionnement hiérarchique, formation de jeunes sans diplôme… 

Mais le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge que la nécessité d’un retour à la conscription, suspendue par Jacques Chirac, n’apparaît pas aujourd’hui compte tenu d’une part du contexte extérieur (absence de risque immédiat) et, d’autre part, par les progrès technologiques des métiers des armées, qui nécessitent davantage de professionnels. Les moyens financiers assez limités des armées doivent être utilisés pour répondre aux besoins directs de celles-ci et de ses missions. L’encadrement militaire de centaines de milliers de jeunes représenterait une charge beaucoup trop lourde et difficile, dont elles n’ont plus la capacité. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) souhaite un encouragement à destination des jeunes à intégrer la réserve dans les armées (soldats, officiers, gendarmes, pompiers, etc.). La mobilisation de moyens pour permettre la croissance des effectifs de réserve est un réel enjeu. Cette croissance doit faire appel au volontariat et non à une quelconque obligation. Elle doit être gérée par les armées en fonction de leurs possibilités d’accueil et d’encadrement dans une logique proprement militaire. Le développement du nombre des contrats de trois ans pour les jeunes est également souhaitable. 

Enfin, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que, parallèlement, l’engagement citoyen des jeunes reste à développer. Il peut prendre des formes variées de volontariat, comme l’engagement dans des missions de bénévolat bien structurées ou le développement du «Service civique» qui n’accueille aujourd’hui que quelques dizaines de milliers de jeunes volontaires en simultané. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que l’engagement volontaire des jeunes est une bonne clé pour identifier et faire valoir le courage et le mérite des filles et des garçons, qui décident de s’engager pour l’intérêt général et pour la Nation.

Le MIL, communication du 7 octobre 2018

Macron- Faire de la place en vidant les prisons

Le projet de loi de finances 2019 concernant la mission «Justice» précise que «les crédits prévus permettront la mise en œuvre d’une nouvelle politique des peines, grâce à un ambitieux programme immobilier pénitentiaire, au développement des alternatives à l’incarcération et au renforcement des services d’insertion et de probation». 

Derrière cette présentation se profilent les intentions d’une nouvelle politique pénale, évitant le recours à la prison. Macron s’était engagé, dans son programme présidentiel, à la construction de 15.000 places de prisons supplémentaires durant le quinquennat. Cette ambition est réduite à 7.000 places d’ici à 2022. La création de 8.000 autres places devront attendre son «second mandat» !!! 

Pour répondre aux besoins en places, le gouvernement compte privilégier les alternatives à la détention pour les courtes peines afin de vider les prisons. Il est vrai que le nombre de détenus en France a atteint un nouveau record, avec plus de 70.000 personnes incarcérées, sans disposer des moyens d’accueils nécessaires en locaux, en matériels adaptés et en personnels. 

Les créations de postes programmés pour 2019 concernent, notamment, «de pourvoir les nouveaux établissements pénitentiaires, de développer les politiques d’insertion des personnes placées sous-main de justice (+400 emplois) et de réduire les vacances de postes dans l’administration pénitentiaire (+400 emplois)». Cet effort, dont la mise en œuvre reste à confirmer, apparaît insuffisant aux professionnels du secteur. 

La répartition des peines de prison est la suivante (chiffres arrondis de janvier 2018) : perpétuité : environ 500 ; plus de 5 ans : 15.000 ; de 1 à 5 ans : 22.000 ; de 6 mois à un an : près de 7.000 ; moins de 6 mis : 4.500. Le «plan prison» vise à réduire de près de 8.000 le nombre de détenus en prison d’ici à 2022. Pour y parvenir, la ministre souhaiterait instaurer une nouvelle échelle de peines comportant : une absence d’emprisonnement en dessous d’un mois et une exécution d’une peine d’un à six mois à domicile avec bracelet électronique, dans un centre de semi-liberté ou via un placement «extérieur», dans une association par exemple. 

Macron a déjà eu l’occasion de mettre directement en cause le principe même de la prison. «On fait de la prison l’antichambre de la récidive. Un lieu où la violence que l’on devait endiguer se multiplie.» ou «L’emprisonnement ne cesse d’augmenter parce qu’au fond cela reste la solution qui contente symboliquement le plus de monde». L’idéologie de gauche sociale-démocrate libertaire de Macron s’exprime sans nuance. Alors que c’est la délinquance et le banditisme qui conduisent en prison et pas l’inverse. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) rappelle que l’une des premières missions de l’État est d’assurer la protection des personnes et des biens et qu’il y a fort à faire pour y parvenir. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que Macron, dans une logique purement budgétaire, prétend répondre à la surpopulation carcérale par un allègement des sanctions, ne tenant pas compte de la réalité sociale. La réforme pénale est guidée par nos capacités d’incarcération et non par la nécessaire prise en compte de l’augmentation de la délinquance. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge inefficace la menace d’un bracelet électronique, d’une amende, de travaux d’intérêt général ou de formules de probation, auprès de délinquants, souvent récidivistes. Elle ne constitue pas une solution adaptée. 

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que si des efforts doivent porter sur la nature des peines, et l’appui à un retour à la vie sociale et professionnelle au terme d’une condamnation et d’une incarcération, ces mesures ne peuvent être qu’individuelles. Nous condamnons l’automaticité de l’application des peines envisagée dans le texte du gouvernement.

Le MIL, communication du 30 septembre 2018